De Sargon à Esdras : enquête sur les véritables origines du Judaïsme

L’étoile dite aujourd’hui de David
Elle est à gauche gravée sur un temple égyptien d’Abou (Elephantine), à la frontière avec le Soudan ancien. Il s’agit de deux pyramides, une pointant vers le monde spirituel en haut et l’autre vers le monde physique terrestre en bas. Elle symbolise donc l’union entre les deux mondes et la phrase clé de la philosophie de toute l’Afrique (Maât) : ce qui est en bas ressemble à ce qui est en haut.
Elle a été reprise et adoptée comme symbole universel du Judaïsme au 19e siècle seulement, ici à droite sur une synagogue.

C’est la première des trois religions dites révélées. Elle est moins prosélyte que ses autres sœurs que sont le Christianisme et l’Islam : le Judaïsme. Au delà des dogmes, comment est-elle réellement née? C’est ce que nous allons vous dire. 

Pour saisir l’entièreté de cet article, le lecteur pourra se documenter sur le caractère strictement noir de la civilisation égyptienne, sur l’origine africaine des premiers habitants de toute l’Asie, en particulier des Cananéens-Phéniciens et des Sumériens, sur la naissance de l’homme blanc à partir du Noir au nord de l’Europe et enfin sur la Spiritualité Africaine.

Le Judaïsme ouvre la marche des religions dites révélées, il est nécessaire de savoir d’abord donc ce qu’est une religion dite révélée.

Une religion dite révélée se définit comme une religion qui ne découle pas des faits d’observation de la nature et du cosmos par l’être humain (comme les religions dites naturelles, appelée aussi improprement païennes), mais de la manifestation directe du Divin lui-même à l’homme dans l’histoire.

Le Judaïsme se présente donc comme la première des religions monothéistes et des religions dites révélées, c’est-à-dire la religion qui découle de la première fois où  le Créateur unique a parlé à l’être humain dans l’histoire de l’humanité. En d’autres termes le Judaïsme se présente comme la religion des personnes que le Créateur aurait élues et choisies pour se révéler et transmettre son message à l’humanité pour la première fois dans l’histoire. C’est pourquoi les adeptes de cette religion se considèrent comme des élus, choisis par le Créateur pour guider les autres êtres humains vers lui (d’où la notion de « peuple élu »). Une des thématiques majeures (sinon la thématique principale) du Judaïsme est donc la notion d’élection divine.

Selon le Judaïsme cette notion d’élection se manifeste dans un schéma qui peut être décliné en 3 étapes :

  • La première c’est la rencontre entre l’homme (Abraham) et le Dieu unique dans l’histoire, puis l’établissement d’une alliance avec celui-ci, alliance matérialisée par la circoncision
  • La deuxième étape c’est le don de la loi divine (Torah) par ce Dieu unique aux descendants de cet homme Abraham (à travers le don des commandements et des lois à Moise) dans l’histoire.
  • La troisième étape ce sont les multiples interventions divines du Créateur pour protéger son peuple (contre les ennemis), le punir ou faire des reproches et rappeler à l’ordre son peuple, par des théophanies ou par l’envoi de messagers (anges, prophètes, etc…), en vertu de cette élection, dans l’histoire.

Puisque le Judaïsme traite abondamment d’intervention divine du Créateur dans l’histoire, il est donc utile de vérifier ces données à la lumière des recherches historiques et scientifiques.

Selon la science et les recherches, le monothéisme existait déjà dans l’histoire avant l’existence réelle ou supposée d’Abraham et du Judaïsme. Elle prend de manière certaine son origine en Afrique. C’est pourquoi Cheikh Anta Diop nous dit dans son ouvrage Nations Nègres et Culture, à la page 45, que « le monothéisme dans toute son abstraction, existait déjà en Egypte, qui elle-même l’avait emprunté au Soudan Méroïtique ». Idem pour la circoncision qui est un rite qui va de pair avec les idées monothéistes. Autrement dit le monothéisme n’est pas né avec Abraham ou avec le Judaïsme.

Imana/Amen, Dieu unique de l’Afrique, imaginé sous sa forme masculine (gauche, temple d’Hatchepsout); Et féminine et masculine (Musée du Louvre). C’est de manière consciente que l’Occident et l’Orient font croire que l’Egypte était polythéiste, en bonne partie pour sauver justement la version abrahamique. 
Scène de circoncision dans la tombe d’Ankhmahor, Djati (Premier ministre) du Pharaon Teti de 2345 à 2333 avant l’ère actuelle, soit plusieurs siècles avant l’entrée historique des Sémites en Égypte.

Puisque la notion de Dieu unique existait dans l’histoire avant Abraham, ça veut dire que les notions de loi divine, de paroles de Dieu ou le Créateur s’exprime existaient déjà aussi dans l’histoire avant l’existence réelle ou supposée d’Abraham et du Judaïsme. Les textes des pyramides, qui sont les plus vieux textes sacrés au monde, attestent de ce fait. Par conséquent la science et les recherches montrent que des peuples et des civilisations possédaient déjà la loi et les paroles divines avant l’existence d’Abraham, du Judaïsme ou d’un quelconque texte sacré de cette religion.

Le terme hiéroglyphe vient des Grecs et signifie écriture sainte ou gravure sacrée. Nos ancêtres appelaient cette écriture les Médou Ntjer, c’est à dire les Paroles (Medou) de Dieu/Seigneur (Ntjer). Ainsi le concept de parole de Dieu est un concept connu en Afrique des millénaires avant le Judaïsme et ses textes sacrés. Pour les Africains Dieu qui est caché (Imana/Amen), s’exprime à travers la nature et l’univers qu’il faut décoder par la science. Voilà pourquoi les hyérogliphes reprennent des éléments de la nature.

Mis à part la question de l’existence des prophètes, force est de constater qu’en ce qui concerne les multiples interventions divines et théophanies telles que décrites dans les textes sacrés du Judaïsme, la science et les recherches n’arrivent toujours pas à trouver les traces qu’elles ont laissé dans l’histoire.

Ainsi sur le plan historique et scientifique toutes ces notions (Dieu unique, circoncision, textes sacrés, etc..) ne sont pas apparues avec Abraham et le Judaïsme. Ce n’est donc pas au Judaïsme que l’humanité doit l’existence de telles notions ou de tels concepts. Puisque la science et les recherches montrent que ces « thèses de l’élection divine » découlant des textes sacrés du Judaïsme ne sont pas corroborées par l’histoire, que disent la science et les recherches sur les véritables origines historiques du Judaïsme ?

Le Judaïsme est une religion qui est née dans un contexte fortement peuplé de populations sémitiques. Avant d’aller plus loin, commençons par nous demander ce qu’est un Sémite.

Les origines des Sémites

Les termes sémite, sémitique sont des termes forgés à partir du mot Sem, le patriarche biblique des Sémites. On désigne par ce mot les Hébreux et les Arabes et apparentés notamment. Ces noms de sémite ou sémitique nous viennent de l’historiographie occidentale, qui utilisa le terme Sem tiré de la Bible, pour appeler ces populations dont la science et les recherches situent l’origine et le foyer de naissance en Mésopotamie (c’est-à-dire l’Irak actuel). Abraham est l’ancêtre mythique de ces Sémites.

En effet les premières populations sémitiques sont le produit des rencontres, des métissages et des brassages culturels entre les Sumériens – ces Noirs qui furent les premiers habitants et civilisateurs de la Mésopotamie – et des populations blanches patriarcales et guerrières venues du nord de l’Eurasie, qui firent ensuite leur apparition de manière violente dans cette même région habitée par les Sumériens. Ces premiers Sémites sont les Akkadiens.

Sargon, fondateur du royaume d’Akkad vers 2300 av JC (Buste conservé au Musée d’Irak de Baghdad). Les Sémites font véritablement leur apparition dans l’histoire au Moyen-Orient, avec cet homme. On est ici 300 à 600 ans après la construction des pyramides en Afrique.

Cela signifie que ces populations sémitiques à l’origine ne vivaient pas dans les espaces qui sont devenus officiellement les leurs (Palestine, etc..) au fil du temps. En raison de leur pratique du nomadisme, des composantes de ces Sémites se sont dispersées vers le Proche-Orient ancien. C’est ainsi que des sémites vont peupler les régions proches orientales au fil du temps.

Carte dite du croissant fertile. Ce sont dans ces zones d’Asie de l’Ouest et d’Afrique du nord est, entre la Mésopotamie et l’Égypte que de nombreux groupuscules sémitiques décrits dans la Bible et dans les textes de l’antiquité ont erré et nomadisé des millénaires durant.
Ici les populations noires, africaines de culture et vitalistes (animistes); que ces Blancs venus du nord de l’Eurasie ont trouvé dans le croissant dit fertile, et avec lesquelles ils se sont mélangés.
De gauche à droite :
Les Elamites, premiers civilisateurs de l’Iran (Musée du Louvre)
Les Sumériens, appelés encore Zalmat ga-ggadu, c’est-à-dire Peuple de têtes noires.
Les Cananéens-Phéniciens (Université d’Oxford)
Enfin les véritables civilisateurs de l’humanité que furent les Egyptiens anciens (Egyptien typique représenté dans la tombe de Ramessou Hekayounou (Ramsès III)).

Voilà pourquoi la Bible (Genèse 12, verset 1 à 5), dit que le personnage biblique Abraham a quitté son pays d’Ur en Chaldée (Mésopotamie) pour se rendre (par la pratique du nomadisme) dans un autre pays (Canaan) qui n’est pas le sien à la base mais qui sera possédé par ses descendants plus tard.

Mais sur le plan strictement scientifique et historique les populations sémitiques ne descendent pas toutes de la famille d’un ancêtre nommé Abraham. En se dispersant ces populations vont se nourrir de multiples influences et connaitre des fortunes diverses. Les diverses influences dont ces sémites seront l’objet vont donner plusieurs types de populations sémitiques aux divers noms, profils, et aux divers parcours.

Ces sémites dès leur apparition, ont été en contact avec le monde noir. Celui de Sumer, celui de Canaan, et celui de l’Égypte en ce qui concerne l’histoire du Judaïsme. Les textes bibliques reconnaissent ces contacts. C’est pourquoi même à travers le texte biblique, on voit à travers les épopées des personnages bibliques, des sémites nomades arriver et s’installer à Canaan par vagues ou par grappes. Une fois en Canaan, ces sémites vont y rencontrer les premiers habitants de la Palestine, les Noirs cananéens, populations sédentaires apparentées aux Egyptiens. Ce sont ces populations qui habitaient ce pays des millénaires avant installation progressive des Sémites sur le territoire cananéen.

Originaires de la Mésopotamie, certaines de ces populations sémites pratiquant le nomadisme et le semi-nomadisme, vont finir par s’installer et se sédentariser en Canaan, pays relativement prospère d’où le fait qu’il est qualifié de « pays où coulent le lait et le miel » dans la Bible (Voir Nombres 13, verset 27). Une fois en Canaan, d’autres vont faire route vers l’Égypte, le centre du monde noir dans l’antiquité.

La science et les recherches montrent que le monde noir présent au Proche-Orient ancien durant l’antiquité est sous l’influence égyptienne. Ainsi de nombreux termes employés dans le monde noir proche-oriental pour désigner les Sémites se trouvent dans les textes de l’Égypte. Les textes égyptiens désignaient les diverses populations sémitiques sous le terme générique d’Asiatiques. En effet, le mot Asie, qu’on utilise aujourd’hui pour désigner le continent du même nom, dérive d’un terme pharaonique qui signifiait à l’origine pour nos ancêtres l’Est ou encore l’Orient. Ainsi en appelant les Sémites asiatiques, nos ancêtres voulaient simplement dire que ces populations venaient de l’Est (donc de l’Orient). Ces divers groupes d’Asiatiques étaient désignés sous divers noms en fonction des contextes, comme par exemple:

Les Aamou,

Les Shasou,

Les Heka Khasout (appelés Hyksos en grec),

Les Habirou, etc…

Divers types sémitiques représentés sur des fresques pharaoniques.

Il est certain que nos ancêtres connaissaient des populations sémitiques bien avant que celles-ci n’arrivent en Égypte. Les Egyptiens connaissaient par exemple des bandes nomades qui avaient une mauvaise réputation (pillards, etc…) et qui sévissaient dans tout le Proche-Orient ancien à la recherche de butins divers. L’Égypte faisait parfois des interventions à Canaan pour mettre fin à des attaques ou des désordres causés par ceux-ci par exemple.

C’est dans la tombe de Khnoumhotep II qu’un groupe de sémites d’environ 40 personnes avec à leur tête, leur chef sont signalés comme entrants en Égypte pour la première fois de manière officielle. Il est possible de suivre ces populations en Égypte à partir de ce moment-là.

Morceau de la fresque pharaonique authentique de la tombe de Khnoumhotep II, daté d’environ 1900 avant l’ère actuelle. On y voit des Sémites, avec une peau bronzée en haut, entrer pacifiquement en Égypte de manière officielle pour la première fois.
En bas sont gravés les Egyptiens.

Ces populations sémitiques qui arrivaient dans le monde noir sous la forme de petits groupes divers, étaient de manière générale, polythéistes au départ. Le texte biblique trahit ce polythéisme originel. C’est ce qui est apparent dans l’emploi du pluriel  « nous » qui est écrit lorsque le créateur s’exprime au commencement des textes de la Torah. Ce pluriel n’est donc pas une sorte de pluriel de majesté comme la version officielle tente de faire croire aux profanes.

Ce qui confirme cela c’est que dans le texte hébreu de la Torah, le mot qu’on traduit dans les langues occidentales (français, anglais, etc..) par « Dieu » (dans les Bibles que tout le monde lit), est le terme ELOHIM. Or le terme Elohim ne signifie pas « Dieu » en langue hébraïque, mais le terme Elohim signifie en réalité LES DIEUX en langue hébraïque. Traduire donc Elohim par « Dieu » (au singulier) est donc une falsification. Ainsi grâce à cet éclaircissement on comprend mieux pourquoi le créateur Elohim (qui signifie « les dieux » en hébreu) s’exprime dans le texte par des « nous » ou par des pluriels lorsqu’il dit dans Genèse 1, verset 26 : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». On voit aussi cet emploi du « nous » dans l’épisode de la tour de Babel, etc…

Reproduction de la fresque authentique (dont on a vu un morceau plus haut) réalisée par Lepsius . On y voit ces Sémites venant en fait verser le tribut à Pharaon, ce qui signifient qu’ils étaient sous domination égyptienne. Les deux égyptiens (en pagnes blancs autour de la taille) se chargent d’enregistrer les choses qu’ils apportent.

C’est au contact des Africains (Cananéens, Egyptiens), que ces groupes vont être civilisés, découvriront le monothéisme et les rites associés. Le texte biblique du Livre de la Genèse, chapitre 14, versets 18-19 nous fait état de cette rencontre en disant que : « Melchisédekh, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin: il était sacrificateur du Dieu Très Haut. Il bénit Abram, et dit: Béni soit Abram par le Dieu Très Haut, maître du ciel et de la terre! »

Ce passage biblique est d’une importance capitale pour ce qui va suivre. En effet ce passage biblique révèle que Melchisédech, le roi cananéen « était sacrificateur du Dieu Très Haut » au moment où le futur Abraham (qui s’appelait alors « Abram » d’après le texte biblique) arrive en Canaan.

Pourquoi ce passage est-il si important : eh bien il est important car il révèle que Melchisédech, le roi cananéen issu du peuple cananéen, était déjà monothéiste (puisque « il était sacrificateur du Dieu Très Haut ») au moment où Abraham après avoir quitté Ur et sa Mésopotamie natale, terre d’origine des Sémites, arrive en Canaan (Palestine ancienne).  Ce passage révèle donc que les cananéens, peuple d’origine africaine, comme leurs frères de la vallée du Nil, étaient déjà monothéistes au moment de l’arrivée de celui que les traditions religieuses sémitiques (Bible, Coran, etc..) considèrent comme le premier Sémite monothéiste véritable de leur point de vue.

En d’autres termes la Bible (malgré les apparences) n’arrive pas à cacher le fait que les Noirs connaissaient déjà le monothéisme au moment de l’arrivée du Sémite Abram (Le futur Abraham) chez eux.

Le passage qui suit est aussi très important car il révèle que Melchisédech « bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très Haut, maître du ciel et de la terre ! »

Abraham reçoit donc dans les faits tels que relatés par Bible même, la bénédiction du Dieu unique (vénéré par les cananéens), de la part du roi cananéen Melchisedech. Les premiers rites sacrés monothéistes (repas du pain et du vin, etc…) auxquels Abraham participe sont donc des rites africains auxquels le roi Melchisédech va l’initier, d’après la Bible même. Ces rites (repas du pain et du vin) existaient depuis des millénaires dans la vallée du Nil (Égypte, Soudan, etc…) et étaient des rites liés au culte d’Ousiré (Osiris).

Fresque de l’Octateuque, 11ème siècle de l’ère actuelle. Cette fresque est faite sur des bases bibliques. On y voit une représentation d’un épisode biblique dans lequel Abraham et sa femme sont en Égypte et rencontrent Pharaon qui est représenté assis sur un trône. On remarque qu’à cette époque ou la fresque a été faite, l’origine africaine des anciens Egyptiens n’était un secret pour personne et était un fait connu.

Ainsi comme le montre l’exemple d’Abraham, les sémites apprendront le monothéisme auprès des Noirs ainsi que plusieurs éléments de la civilisation qui leur permettront de se construire. Cela est symbolisé dans la Bible par exemple dans le fait que la plupart des personnages bibliques nomades (Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, etc..) adoptent des coutumes et des rites appris auprès des Cananéens et des Egyptiens.

Ce qu’il convient de remarquer ici, c’est que durant l’époque des patriarches, la Bible ne fait pas encore mention d’un peuple hébreu. On a juste les mouvements de quelques individus (Abraham, Jacob, etc..) et de leurs groupes et familles en Canaan ou en Égypte. La deuxième chose à remarquer c’est que lorsque les patriarches bibliques arrivent en Canaan ou en Égypte, ils ne sont pas réduits en esclavage. Ces populations vont donc évoluer en se multipliant. C’est ce qui explique que la notion de peuple va apparaitre plus tard dans le texte biblique.

Dans les écrits du judaïsme, il n’aura échappé à personne que le vocable de « peuple hébreu » est abondamment utilisé pour désigner ces populations sémitiques anciennes dont il est question dans la Bible. Qui sont sur le plan historique ces Hébreux dont parle la bible ?

Comme nous l’avons dit précédemment, sur le plan historique il a existé des types de populations diverses parmi les sémites. Mais la science et les recherches montrent qu’il n’a jamais existé un peuple hébreu tel que défini par la Bible dans l’histoire. Puisque c’est le cas, il est impossible sur le plan historique de suivre le parcours d’un « peuple hébreu » dans l’histoire. Cela signifie que c’est en fait d’autres évènements historiques réels qui se cachent derrière les évènements fantastiques et fictifs décrits dans la Bible. Ce sont ces évènements qui ont servi de source d’inspiration pour l’écriture de l’histoire d’un peuple qui n’existe que dans la Bible, le peuple hébreu.

Quant au terme hébreu, il faut savoir que malgré plusieurs hypothèses de travail concernant l’origine de ce mot, la science et les recherches nous informent que ce terme dérive très certainement du terme Habir ou Apir (Habirou ou Apirou au pluriel). Les termes Habir (singulier) Habirou (pluriel) sont des termes qu’on retrouve dans les textes du monde noir de l’antiquité (ex : Égypte, Canaan, etc…). Ce sont des termes qui désignent à l’origine non pas un peuple, ni une langue, mais des termes péjoratifs pour désigner des groupes et des bandes de populations sémitiques, nomades, éparses ayant une très mauvaise réputation (brigands, voleurs, pillards, mercenaires, etc..) et créant des problèmes d’insécurité selon ces textes.

Si tel est le cas ça signifie qu’à l’origine la notion d’Hébreux (Habirou) n’a jamais désigné un peuple à l’origine. Cette notion de Habirou n’a à l’origine non plus rien à avoir avec la notion de peuple qui serait élu ou de peuple sacré, etc.… bien au contraire c’est un terme très peu glorieux. Ce sont là des informations importantes pour ces groupes d’Africains ou d’Africains des Amériques qui aiment à s’imaginer à l’aide de toutes sortes de gymnastiques intellectuelles et de bricolages pseudo scientifiques lamentables qu’ils seraient des « vrais juifs » ou des « vrais hébreux » ou vrais descendants des hébreux (Habirou) de la Bible.

Lorsqu’on est africain et qu’on dit qu’on est descendant des hébreux (habirou) , cela revient en réalité à dire qu’on est au plan historique descendant, à l’origine, des sémites nomades qui avaient une mauvaise réputation et qui erraient à la recherche de butins divers et d’une terre dans le Proche-Orient ancien. On comprend donc que c’est par ignorance et aliénation que certains d’entre nous, s’assimilent à des hébreux (habirou).

Ce n’est que sous la plume des rédacteurs de la Bible que les termes « hébreu ou hébreux » vont créer un peuple imaginaire, qui descendrait d’Abraham, qui serait élu par Dieu, etc, chose qui n’a jamais existé sur le plan strictement historique. Autrement dit, le concept de « peuple hébreu » comme « peuple de Dieu » est une invention qui vient uniquement de la Bible et de nulle part ailleurs. Cette notion de « peuple hébreu » apparait pour la première fois dans le livre biblique de l’Exode.

Ce livre traite de plusieurs sujets, entre autres du thème brulant de l’esclavage du « peuple hébreu » en Égypte. Comme nous l’avons dit plus haut, il n’existe pas de peuple hébreu tel que défini par la Bible dans l’histoire.

Esclavage des hébreux en Égypte ?

La science et les recherches montrent que l’esclavage n’est pas un mode de production des biens et des services en Afrique, ni un trait culturel africain comme nous l’avons montré en détail ici. C’est pourquoi il n’a pas existé d’esclavage en Égypte. Les monuments égyptiens ont été bâtis par des ouvriers très volontaires, payés, très respectés et qui avaient meme le droit de grève.

Concernant l’esclavage des hébreux, il existe plusieurs hypothèses concernant les sources d’inspiration historique de ce sujet. Nous en retiendrons ici principalement deux. La première source d’inspiration est d’abord à chercher durant la période de l’invasion des Heka Khasout (Hyksos) en Egypte. Les hyksos étaient des chefs de groupes de populations sémitiques nomades qui se sont coalisées pour envahir l’Egypte afin de la coloniser et se l’approprier. Les textes pharaoniques en gardent un souvenir douloureux, car les envahisseurs Hyksos ont été très barbares. Ils ont occupé la Basse Egypte, le delta et des territoires allant jusqu’en moyenne Egypte pendant près de 200 ans.

Ces populations pratiquaient l’esclavage et avaient coutume de mettre des gens en esclavage, y compris parmis les Sémites comme eux. On sait que des populations sémitiques étaient bien implantées en Egypte avant l’invasion des Hyksos, comme le montrent les documents de la tombe de Khnoumhotep II. 

Il est donc certain que les Hyksos ont asservi ou réduit en esclavage des populations égyptiennes et sémitiques qui étaient dans les espaces qu’ils avaient conquis durant le temps de leur occupation de l’Égypte. Il y avait-il des Habirou (Hébreux) parmi ces personnes esclaves des Hyksos ? Si oui ça signifierait que des chefs sémites (Hyksos) auraient réduit en esclavage d’autres sémites (Habirou). Même dans ce cas on arrive au même résultat : Celui que l’esclavage n’est pas fait par des Egyptiens.

L’Égypte va mener une importante résistance, puis finir par mettre fin à tous ces désordres (barbarie des Hyksos, esclavage, etc…) en réussissant à vaincre et expulser les usurpateurs Hyksos de son territoire notamment sous la houlette des pharaons Kamessou et Yahmessou. Les pharaons font ensuite le ménage mais ne chassent pas tous les étrangers présents en Égypte. Ils se montrent très durs (punitions, travaux d’intérêt général, etc…) contre les traitres, c’est-à-dire ceux qui ont pactisé avec l’ennemi Hyksos au moment où il occupait l’Egypte. Parmi ces groupes qui se sont associés aux Hyksos, il y avait des Sémites qui ont possiblement souffert de la vengeance des Egyptiens. 

Le pharaon Yahmessou, vainqueur des Hyksos, libérateur de l’Egypte, fondateur du Nouvel Empire et de la 18e dynastie. C’est possiblement ses faits de guerre qui sont à l’origine du mythe de l’esclavage des Hébreux.
Musée du Louvre

La deuxième source d’inspiration, c’est donc peut-être ces règlements de compte d’après-guerre dont les textes bibliques s’inspirent pour parler de l’esclavage des Hébreux. La situation revient ensuite à la normale et les sémites ont continué à être présents en Égypte. Même dans ce second cas on arrive toujours au même résultat : Celui que l’esclavage n’est pas fait par des égyptiens, car une période de règlements de compte momentanée contre des groupes humains, ne signifie pas que ces groupes humains soient en situation d’esclavage.

Exode ?

Concernant l’Exode tel que défini par la Bible, c’est-à-dire la sortie du peuple hébreu hors d’Egypte pour fuir vers la terre promise, il n’en existe pas de traces comme nous l’avons expliqué plus haut. C’est Cheikh Anta Diop qui nous donne des clés de compréhension des évènements qui ont servi d’inspiration pour l’écriture de l’Exode.

Diop nous dit dans son ouvrage Nations Nègres et Culture page 44 que « Moise vivait à l’époque de Tell el Amarna ou Aménophès IV (Ikhnaton, vers -1400) tenta de rénover le monothéisme égyptien primitif, qui s’estompait sous l’appareil sacerdotal et la corruption des prêtres. Ikhnaton (Akhenaton) semble avoir tenté d’appuyer le centralisme politique dans l’immense empire qui venait d’être conquis, sur un centralisme religieux : l’empire avait besoin d’une religion universelle.  Moise aurait été touché par cette réforme religieuse. Il s’est fait, à partir de ce moment, le champion du monothéisme dans le milieu juif. »

La probabilité d’un tel évènement est donc à chercher sous la 18ème, dynastie, période où la civilisation pharaonique avait atteint l’apogée de sa grandeur, de sa gloire et de sa puissance avec les conquêtes du plus grand pharaon et plus grand Africain de tous les temps, Menkheperrè Djehouty-Messou (Touthmôsis III). Voilà pourquoi Diop parle ici de « l’immense empire qui venait d’être conquis ».

Sous la 18eme dynastie les populations étrangères issues des diverses régions conquises par l’Egypte grâce aux expéditions militaires de Touthmôsis III vont et viennent en Égypte, soit pour chercher du travail, soit pour s’installer, soit pour verser le tribut aux pharaons, etc…cela entraine un cosmopolitisme important. Cheikh Anta Diop nous situe ici sous la 18ème dynastie plus précisément sous le règne du pharaon Akhenaton vers 1400 avant l’ère actuelle.

Le pharaon Akhenaton, qui fit interdire les cultes dédiés aux nombreuses manifestations de Dieu (Osiris, Isis, Hathor, Anubis etc…) et effectués par les prêtres, pour les remplacer partout par le culte du soleil Aton, unique manifestation de Dieu tolérée désormais, et effectué uniquement par lui meme Akhenaton, sorte de prophète, le premier de l’histoire. 

Ce qui est surprenant dans les écrits de Diop, c’est qu’il nous parle du personnage biblique de Moise, qui se trouve être la figure majeure de l’épisode biblique de l’Exode. Il nous dit même que ce personnage aurait vécu à l’époque du Pharaon Akhenaton. Mais de quel « Moise » Diop nous parle donc ici, quand on sait qu’il n’existe pas de trace historique du personnage de Moise tel qu’il est raconté par la Bible ?

Eh bien, en parlant de « Moise », Diop s’appuie sur le travail Aegyptiaca de l’historien égyptien Manéthon, un historien qui a reconstitué par écrit l’histoire de l’Egypte durant la basse époque égyptienne. Son travail q servi aux chercheurs pour reconstituer la chronologie pharaonique et les multiples dynasties. Manéthon dans ses écrits y décrit sous la 18ème dynastie, un prêtre égyptien originaire de Iounou (Héliopolis), partisan de la réforme d’Akhenaton dénommé Osarseph.

Ce prêtre est selon Manéthon un guide à la tête d’un groupe de partisans de la reforme d’Akhenaton dans lequel figurent les populations sémitiques. Il semble que Manéthon a son époque ait été lui-même contre la réforme d’Akhenaton. On le sent dans ses écrits car il fait une description négative de ce personnage et de ses partisans. En parlant de Moise, Cheikh Anta Diop fait donc référence à ce personnage d’Osarseph en réalité.

Lorsque Diop dit que ce personnage « s’est fait, à partir de ce moment, le champion du monothéisme dans le milieu juif. », il fait référence au fait que ce Osarseph enseignait aux populations dont il avait la charge les savoirs et les lois égyptiennes liés à la philosophie et à la réforme du pharaon Akhenaton. Ceci permet de comprendre pourquoi il existe de nombreux liens mis en évidence par les chercheurs entre la pensée d’Akhenaton et le Judaïsme.

Le Judaïsme reconnait aussi les enseignements de Moise, appelés aussi Loi de Moise ou encore Torah. D’autre part si ce « Moise » est égyptien (donc noir) ça veut dire que sa famille telle que relatée dans la Bible à savoir son frère Aaron et sa sœur Myriam sont égyptiens aussi, même si le texte biblique tout en reconnaissant que Moise à tout reçu de l’Egypte, s’efforce de le présenter comme un juif.

La réforme du pharaon Akhenaton avait profondément divisé la société égyptienne. La fin de règne du pharaon se passa dans un contexte de crise entre partisans et adversaires de la réforme. Le but des adversaires de la réforme étant de faire le ménage de l’ère d’Akhénaton, de nombreux partisans de la réforme furent obligés de fuir vers la Palestine (Canaan) pour s’y réfugier lors de la fin de son règne. C’est dans ce contexte de crise que ce prêtre égyptien Osarseph sera chassé d’Égypte avec ses suivants.

La plupart des savants en recoupant ces informations avec les données bibliques pensent que ce prêtre égyptien décrit par Manéthon est la figure qui a servi de modèle pour la création du personnage biblique de Moise. Vu que la réforme avait un caractère universaliste, les partisans d’Akhénaton étaient un mélange cosmopolite composé de populations égyptiennes et étrangères. C’est donc certainement un groupe composite mêlé d’égyptiens et de sémites qui fuyait l’Egypte sous la conduite d’Osarseph.

Divers partisans des idées d’Akhenaton fuyant l’Egypte vers la Palestine durant la 18eme dynastie ? On comprend pourquoi Celse, auteur de l’antiquité tardive, disait lui aussi par exemple dans son discours véritable contre les chrétiens, que « les juifs sont des égyptiens d’origine qui ont quitté leur pays à la suite de leur sédition contre l’état égyptien et du mépris qu’ils avaient conçu pour leur religion nationale… ». En parlant de « mépris qu’ils avaient conçu pour leur religion nationale », Celse fait référence aux partisans d’Akhenaton qui ont tourné le dos à la spiritualité traditionnelle pharaonique pour suivre le projet religieux d’Akhenaton.

La plupart des savants en recoupant toutes ces informations avec les données bibliques pensent donc que ce sont ces évènements de la fin de règne d’Akhénaton qui ont servi de modèle d’inspiration pour la rédaction de « l’Exode du peuple hébreu » dans la Bible.

Les données historiques montrent aussi :

qu’il n’existe aucune trace historique des dix fléaux ou des dix plaies d’Egypte,

qu’aucun pharaon n’est mort noyé en poursuivant des Hébreux dans la mer, et certainement pas Ramessou Maryimana (Ramsès II), mort paisiblement à 90 ans et dont la momie éxiste jusqu’à nos jours.

qu’il était impossible quelque soient les routes empruntées, de mettre 40 ans pour faire le trajet entre l’Egypte et Canaan, « la terre promise ».  Ajouté à tout cela, il n’existe pas de trace d’un exode d’un peuple hébreu pendant 40 ans dans le désert.

Le personnage biblique de Moise ouvrant la mer pour pour permettre la fuite de l’Egypte à son peuple et l’accès vers la terre promise à celui ci. Cet évènement biblique extraordinaire symbolisé par cette image n’a jamais eu lieu dans l’histoire.

La terre promise ?

Une fois en Palestine, la Bible nous informe que l’entrée et l’installation du peuple de la Bible en Palestine, « la terre promise pour ces populations sans terres » s’est fait dans une barbarie sans nom, avec des méthodes similaires aux méthodes des Hyksos et des Habirou que décrivent les textes du monde noir de l’Antiquité. C’est d’ailleurs en comparant les actions des Habirou dans les textes de l’antiquité et les actions barbares du peuple hébreu dans la Bible que les chercheurs sont arrivés à faire le lien entre les Habirou de l’antiquité et les Hébreux de la Bible.

Les victimes de cette barbarie étaient selon la Bible, les cananéens, qu’il fallait génocider selon les ordres du « Dieu d’Israël » afin de récupérer, pour ne pas dire voler, leur terre et leurs biens au profit du peuple d’Israël.

L’ensemble du livre biblique de Josué nous décrit les horreurs de cette conquête et de ce partage de la terre et des biens des Cananéens, par les enfants d’Israël. Cette terre leur était-elle vraiment promise par Dieu comme le dit la Bible ? Si oui pourquoi passer par les génocides d’êtres humains et le bain de sang pour avoir la terre au prix de milliers de morts ?

Image inspirée de la Bible. On y voit Josué s’apprêtant à faire la « guerre sainte » , c’est-à-dire une guerre sur ordre de son Dieu d’Israël. Il est représenté levant son épée au ciel et appelant son Dieu d’Israël, l’éternel des armées, avant de se livrer à des crimes et des génocides sur les populations cananéennes. 

Si cette conquête a eu lieu avec la violence telle qu’elle est décrite dans le livre biblique de Josué, alors ça signifie que les populations sémitiques n’ont pas entamé cette conquête immédiatement après leur fuite de l’Égypte sous la 18ème dynastie, mais plusieurs siècles plus tard. En effet sous la 18eme dynastie, la civilisation pharaonique était encore puissante et contrôlait encore la Palestine (Canaan).

La civilisation pharaonique a d’ailleurs contrôlé entièrement l’espace cananéen longtemps après la 18ème dynastie. La stèle de Merneptah datée de 1207 avant l’ère actuelle, qui fait mention d’un « Israël vaincu », montre que l’Égypte contrôle encore la région cananéenne à cette période et que cette conquête de territoire dont parle la Bible n’est pas encore un fait certain en -1207.

Le pharaon Mery n Ptah (Merneptah), fils de Ramsès II
A droite sa stèle sur laquelle est mentionnée la victoire sur Israël

En effet l’Égypte a contrôlé Canaan entièrement au moins jusqu’à 1100 avant l’ère actuelle. Si cette conquête de Canaan avait eu lieu immédiatement après la fuite de l’Égypte, elle aurait été matée purement et simplement par l’Égypte qui volait régulièrement au secours de ses frères de Canaan lorsqu’ils étaient en difficulté. En entrant donc en Canaan, ces Sémites se sont d’abord assimilés progressivement aux populations égypto-cananéennes et à leur culture pendant plusieurs siècles, avant de tenter ensuite d’avoir une autonomie véritable. Ces Sémites vont même parler et écrire des langues cananéennes.

C’est ainsi que des dialectes cananéens vont finir par être considérés comme sémitiques par exemple. On voit comment les langues cananéennes vont finir par être considérées dans leur ensemble comme sémitiques. Ce qui explique aussi que Carthage en Tunisie, civilisation noire fondée par les Cananéens, était sémitique de langue. 

Il y a donc eu certainement des conflits durant la conquête de Canaan, comme le montre la stèle du roi cananéen Mesha, mais cette conquête s’est faite progressivement, et plus lentement que ce qu’enseigne la Bible.

Ceci a permis à ces Sémites de développer en Canaan leurs premières entités politiques aux alentours de 1000 avant l’ère actuelle : Juda et Israël. Beaucoup plus petites, ces entités politiques seront fragiles dans ce Proche-Orient en mutation suite à des phénomènes comme l’invasion des peuples de la mer (ex : philistins, etc…) et le déclin progressif des puissances traditionnelles comme l’Égypte, etc….

De nouvelles puissances faisant route vers l’Égypte et convoitant ses multiples trésors vont profiter du déclin de l’empire pharaonique protecteur de Canaan, pour conquérir et dominer la région cananéenne tour à tour : Les Assyriens et les Babyloniens par exemple. Israël sera détruit par les Assyriens en -722. Juda sera détruit par Babylone en -587. Ces sémites vont connaitre l’exil, se disperser (d’où le mythe des tribus perdues d’Israël par exemple), puis retourner en rangs dispersés vers Canaan. En revenant en Canaan après l’exil ils vont tenter de reconstruire leurs nations (Israël, Juda) détruites.

Or pour construire une nation, il faut un peuple, une histoire nationale, une idéologie, des lois, etc…

C’est le projet politique de construction d’une nation qui entraina la naissance du Judaïsme comme religion de cette nation et l’écriture d’un livre sacré comme source de l’histoire, des lois, et de la religion de cette nation.  C’est dans le cadre de l’écriture de cette histoire nationale que la Bible hébraïque avec toutes les notions (peuple hébreu, peuple élu, de peuple de Dieu, etc…) a vu le jour. Tous ces titres (peuple élu, peuple de Dieu) ont été créés et conceptualisés par les auteurs de la Bible afin de valoriser le peuple de la future nation et lui donner des titres de noblesse et de gloire, une fierté nationale en quelque sorte.

D’après les recherches historiques et scientifiques, c’est sous la direction et la responsabilité du scribe sacrificateur Esdras que la Bible hébraïque appelée aussi le Tanakh ou encore Ancien Testament, a vu le jour. C’est à Esdras, qui possède lui-même un livre dans la Bible (le livre d’Esdras) que le Judaïsme doit l’écriture et la compilation de toutes ces inventions (malédiction de cham (le Noir), peuple élu, esclavage des hébreux en Egypte, 40 ans des hébreux au désert, etc…) dont la science et les recherches ne trouvent pas de trace dans l’histoire.

Fresque du Codex Amiatinus, 8ème siècle de l’ère actuelle. On y voit Esdras en train de travailler à l’écriture du livre sacré du Judaïsme.

Pour créer le Judaïsme et écrire le Tanakh (Bible hébraïque), ces populations ont puisé dans les traditions de tous les endroits dans lesquels leurs ancêtres ont vécu, nomadisé et dont ils ont épousé les traditions.

Le Judaïsme s’est donc créé à partir de sources :

Mésopotamiennes (Textes sumériens, etc…)

Cananéennes (Ex : Bible de Sanchoniaton)

Égyptiennes (le culte d’Aton et ses enseignements par Osarseph notamment).

Toutes ces traditions ont été bien sûr adaptées aux mœurs patriarcales et guerrières des Sémites, mœurs héritées du nord de l’Eurasie, qui sont à l’opposé des moeurs matriarcales et globalement pacifistes du monde noir. 

C’est au retour d’Exil pour cette reconstruction qu’ils prendront le nom de Juifs. Le terme « juif » quant à lui, désigne à l’origine non pas un peuple, ni une langue, mais tout simplement un habitant ou un originaire d’un territoire cananéen qui est plus connu sous le nom de Judée (Juda ou Yehudah). Les premiers habitants de la Judée étaient les cananéens. C’est l’installation des populations sémitiques principalement dans cette région (la Judée) après l’exil qui sera à l’origine de ce nom de Juifs (c’est-à-dire de judéens) qu’ils vont recevoir.

Ayant vécu une histoire difficile faite de nomadisme où ils (eux et leurs ancêtres) furent sans terre, dominés par des peuples divers durant longtemps, ces populations, fatiguées de cette situation, vont mettre au point dans leur religion l’idée du sauveur, du messie, ce leader politico-religieux qui viendrait définitivement les sauver en faisant de cette nation en projet une grande nation qui aura enfin une terre à elle pour s’épanouir, dominera et ne sera dominée par personne, à l’image des plus grandes nations de l’antiquité (comme l’Egypte par exemple).

C’est cette idée de grand projet national que la Bible à véhiculé à travers des descriptions des royaumes juifs puissants comme ceux de David ou de Salomon, etc…Mais sur le plan historique les entités politiques juives (royaume de Juda, d’Israël, etc…) sont restées petites et fragiles jusqu’à leur disparition car Babylone, les Perses, les Grecs, les Romains, viendront à leur tour conquérir et soumettre la région palestinienne, étouffant a plusieurs reprises le développement de ce grand projet national.

Les juifs n’ont donc jamais pu avoir la « terre promise » par « Dieu » pour eux tout seuls, mais ont dû donc la partager de gré ou de force (affrontements) avec de multiples nations et peuplades au gré des multiples conquêtes dont la Palestine à fait l’objet au cours du temps. On le voit à travers la Bible hébraïque même (multiples guerres pour la survie, affrontements avec les philistins, David contre Goliath, etc…)

Ces conquêtes ont empêché la grande nation juive rêvée dans la Bible de voir le jour. Cela signifie que les descriptions que la Bible fait des royaumes juifs puissants comme ceux de David ou de Salomon, sont des mythes, des légendes pures et simples résultant de cette idée de grand projet national.

Reconstitution du « temple du roi Salomon ». Le thème de cette reconstitution est essentiellement tiré des descriptions de la Bible et des architectures de l’Égypte. Cependant il n’existe aucune trace historique de l’existence de ce temple, comme de la plupart de toutes ces choses que raconte la Bible. Salomon non plus n’a jamais été le souverain le plus riche au monde. Tout cela fut imaginé pour le projet politique juif et donner une fierté à ce peuple en construction à l’époque.

Cet éparpillement des Juifs du fait de leurs adversaires en Palestine entrainant des mouvements de populations sans cesse, on retrouvera progressivement des communautés juives dans le monde (Égypte, Maghreb, Europe, etc…). C’est ainsi que les Juifs se retrouveront partout dans le monde, toujours sans Etat, sans pays à eux, mais vivant dans les pays des autres. Ces mouvements de populations vont aussi contribuer à la diffusion du judaïsme dans le monde et à des conversions de populations diverses au Judaïsme (Ex : Les Khazars, etc…).

L’idée de cette grande nation va cependant survivre dans les cœurs et dans les esprits de ces populations sur le plan religieux durant des siècles à travers leur religion : le Judaïsme. C’est d’ailleurs l’idée biblique ancienne de cette nation qui va au 19ème siècle de l’ère actuelle, être en partie la source d’inspiration à la base du Sionisme et de l’existence de l’Etat d’Israël actuel. En effet c’est en s’appuyant sur ces idées de nation biblique, de terre promise par Dieu dans la Bible, que des penseurs Juifs comme Moses Hess ou encore Theodore Herzl (qui publia un livre intitulé : L’État des Juifs en 1896), vont mettre au point l’idée de la création d’un état d’Israël.

Théodore Herzl

Cet état sera créé en 1948. Cet état poursuit cette logique de grande nation jusqu’à aujourd’hui, à travers le conflit politico-religieux le plus violent de l’ère actuelle : Le conflit Israelo-Palestinien. Pourquoi ce conflit existe-t-il ? eh bien il existe car en tentant de créer cet état d’Israël en Palestine « leur terre promise », les Juifs ont aujourd’hui encore trouvé une population vivant sur cette terre comme autrefois, en l’occurence des populations arabisées. C’est à cette nouvelle population que les Juifs disputent la terre aujourd’hui encore, comme les ancêtres auxquels ils se rattachent avaient autrefois disputé cette même terre palestinienne avec d’autres peuples (Cananéens, Philistins, Perses, Romains, etc…).

L’évolution du conflit Israélo-palestinien d’hier à aujourd’hui.

Juifs noirs ?

Il est vrai qu’à force de nomadiser, de vivre dans le monde noir, des Sémites vont se métisser à des degrés divers avec des Cananéens et des Egyptiens au cours des siècles. La Bible en parle lorsqu’elle explique la relation entre Abraham et Agar l’égyptienne, ou encore le mariage de Joseph avec une égyptienne.

Ces relations auront pour effet de noircir du point de vue de la peau une partie de ces populations pendant une période. Cependant ces populations sémitiques quelques soient leurs couleurs de peau, ne se sont jamais définies sur les plans physiques et culturels comme africaines mais plutôt comme sémites originaires de la Mésopotamie.

Nos ancêtres africains qui les ont vu et qui les connaissaient ne les ont jamais définis non plus comme africains, mais plutôt comme asiatiques

Les types principaux types humains connus de nos ancêtres, ici représentés par eux dans la tombe du pharaon Ramessou Hekayounou (Ramses III). On voit L’égyptien (A) et les autres Africains, ici les Soudanais notemment (C) qui ont la même couleur et les mêmes vêtements. Par contre nos ancêtres ont fait en sorte de représenter clairement l’Européen (B) et le sémite (D) comme différents d’eux. Ainsi nos ancêtres ne se sont jamais confondus avec les Sémites et les Européens.

De la même manière, par la force de l’histoire, il y a des Américains noirs aujourd’hui. Mais pour autant le christianisme, la langue anglaise et le capitalisme qui fondent les Etats Unis, ne sont pas des faits noirs ou africains. Le Judaïsme et ses mœurs patriarcales et guerrières issus du berceau nordique, ne sont pas non plus, parce que pratiqués par des Noirs anciens, des produits du monde noir et africain.

Ce métissage premier des sémites avec des peaux foncées a d’ailleurs fini par disparaitre lors des invasions répétées de populations à peau claire ou blanche (ex : Peuples de la mer, Philistins, Gréco-romains, etc…) au Proche-Orient ancien durant le déclin des civilisations cananéenne et égyptienne. Ces invasions ont rendu les Sémites beaucoup plus clairs de peau, comme on peut le constater aujourd’hui.

Personnages Juifs célèbres

Concernant les Falashas, leur judéité fait encore débat de nos jours car plusieurs hypothèses s’affrontent. Leur pays, l’Éthiopie actuelle a d’ailleurs longtemps été dans une controverse autour du Judaïsme. Beaucoup ont vu dans les Falashas une tribu perdue d’Israël. Beaucoup ont cherché dans des dynasties éthiopiennes récentes des « descendants juifs du roi David » à travers le mythe d’une relation amoureuse entre Salomon et la reine de Saba alors qu’il n’existe aucune preuve historique de cette relation nulle part y compris dans la Bible même.

En effet, la Bible fait mention d’une rencontre entre Salomon et la reine de Saba, mais pas d’une histoire d’amour entre eux.  C’est un livre éthiopien, le Kebra Nagast écrit au 14e siècle, qui a inventé et popularisé cette légende. Selon le professeur Jean Charles Coovi Gomez, Ces Falashas seraient des descendants historiques d’ancêtres africains (égyptiens) qui pratiquaient le Culte d’Aton.

En effet, comme on l’a vu plus haut, la doctrine d’Akhenaton à influencé le Judaïsme. Tous les partisans de la doctrine d’Akhenaton qui vivaient en Égypte, n’avaient pas disparu même plusieurs siècles après le temps de son règne. Si effectivement les Falashas ont pour ancêtres historiques les pratiquants du Culte d’Aton de l’époque pharaonique, cela expliquerait les ressemblances entre leurs rites et ceux des Juifs. Shlomo Sand ajoute qu’ils sont le produit d’une conversion au Judaïsme. Les études ADN montrent qu’ils sont des éthiopiens typiques dont l’origine n’est pas à chercher ailleurs.

Hommes Falasha. L’analyse des données les concernant nie une une origine israélite. Ce sont des Africains judaïsés.

Les Noirs ayant peuplé toute la Terre, ils ont été, par contact géographique, de tous les courants de pensée initiés par d’autres. Mais en définitive seul ce qui est né sur le sol africain peut légitimement être vu comme africain. Les Africains ont produit un seul Dieu, dont le nom originel est Imana. 

Un Massai soufflant dans une corne qu’on retrouve aussi dans le Judaïsme. La plupart de ces rituels africains (comme tant d’autres) qu’on retrouve dans le Judaïsme, ont été transmis aux ancetres des Juifs par nos ancêtres et non l’inverse. 

En conclusion de cet article :

Les fondateurs du Judaïsme sont des populations nomades venus d’Europe du nord, forgés en Mésopotamie et dont l’histoire commence avec Sargon d’Akkad.

C’est au contact prolongé des Africains de l’antiquité (Egyptiens, Cananéens, etc…)  que ces tribus disparates de nomades seront civilisées et découvriront le monothéisme et tous les rites associés.

Le Judaïsme est le résultat d’un projet politique visant à unifier ces groupes de nomades et leurs histoires différentes sur un territoire, d’où la recherche d’une terre, pour s’installer afin de former une nation puissante.

Le Judaïsme, codifié par Esdras, est le mélange des spiritualités noires de l’antiquité, revus par les mœurs patriarcales et guerrières sémitiques, et inaugurant la notion de révélation divine étrangère à l’Afrique.

Les notions de peuple élu, qui sont véhiculées par la Bible sont des notions inexistantes et purement idéologiques. C’est pourquoi n’importe quel peuple peut écrire un livre pour se déclarer comme peuple élu.

Hotep!

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Notes :

  • Bible
  • Nations Nègres et Culture, Cheikh Anta Diop
  • Le fabuleux héritage de l’Egypte, Christiane Desroches-Noblecourt
  • L’Egypte et la Bible, Le Monde de la Bible n°210
  • Les origines cananéennes du sacrifice israélite, René Dussaud
  • Les Relations entre les Noirs et les Juifs de l’antiquité à la période contemporaineJean Charles Coovi Gomez
  • Du mystère à la lumière, Akhenaton
  • Discours Véritable Contre les Chrétiens, Celse, traduction de JJ Pauvert
  • Atlas des Hébreux 1200 avant J.C. -135 après J.C., la Bible face à l’histoire, Richard Lebeau.
  • Comment le peuple Juif fut inventé, Shlomo Sand
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