Djehouty-Messou (Thoutmosis III), le plus grand Africain de l’histoire

Dans l’histoire de l’Afrique et du monde noir, rien ni personne ne s’élève au dessus des exploits de cet homme, de ce guerrier invincible qui n’a jamais connu la défaite. 

Menkheperre Djehuty-Mesu Temple of Deir el Bahari
Menkheperrè Djehouty-Messou
Temple de Deir el Bahari

Le nom de naissance du grand roi est Djehouty-Messou Neferkheperou, ce qui signifie signifie « l’enfanté de Djehouty (Thot) aux devenirs parfaits ». Il est le fils d’Aïssata, une épouse royale soudanaise, et du pharaon Djehouty-Messou Neferkahou (Thoutmosis II). Âgé de 5 ans à la mort de son père, c’est sa belle mère et sœur de son père, la grande épouse royale Hatchepsout qui est chargée d’accompagner l’enfant-roi dans l’exercice du pouvoir.

Hatchepsout ayant avec elle la légitimité matriarcale du pouvoir d’après la tradition africaine, elle finira par exercer pleinement la régence et sera couronnée pharaon. Le 14 Janvier -1458, après la mort de la reine, Djehouty-Messou Neferkheperou, devient souverain effectif de Ta Mery (la terre aimée = Egypte), sous le nom de Menkheperrè (Que la transformation de la matière issue de Dieu demeure). Il a 29 ans.

Menkheperre Djehuty-Mesu Metropolitan Museum
Menkheperre Djehouty-Messou
Metropolitan Museum

Ta Mery est à cette époque sous la menace continue de peuples voisins qui tentaient de s’en emparer depuis l’invasion repoussée des Hyksos sous Yahmessou (Ahmosis). C’est donc en réaction à une attaque que l’Egypte devint un pays impérialiste sous Djehouty-Messou. Dès sa prise de pouvoir, c’est armé du glaive de la justice et de la vérité, et porté par Imana-Ra (Dieu) qu’il mènera en 20 ans 17 campagnes militaires sans défaite, qui vont bâtir sa légende.

Djehouty-Messou entre en Asie avec 10 000 hommes et est victorieux à Arouna, Megiddo, la Palestine et Djahi (la Phénicie). Ses guerres contre la Mitanni (Irak) sont les plus difficiles. La Mitanni se situe de l’autre côté du fleuve Euphrate et les égyptiens ont pour défit de franchir ce cours d’eau. Le roi fait construire des bateaux à Biblos à Djahi qui sont ensuite transportés à travers le désert jusqu’à l’Euphrate. Les troupes mitaniennes qui se pensent protégés par l’eau sont surprises par l’attaque navale et repoussées.

Djehouty-Messou écrasant ses enemis Gravure du temple de Karnak
Djehouty-Messou écrasant ses enemis
Gravure du temple de Karnak

La Crète, Chypre, Les babyloniens, les lybiens, et les hittites (turcs), si turbulents jadis, se soumettent au pharaon. Tous les rois des régions conquises se hâtent de donner leurs filles au roi africain en signe d’allégeance. Le Hittite grâce au contact des égyptiens devient la première langue indo-européenne écrite de l’histoire.

Enfin Djehouty-Messou fils d’Aïssata mène une campagne en Nubie (Soudan), pays de ses ancêtres. Il s’y distingue par une œuvre architecturale considérable et la Nubie devient une partie de l’Empire égyptien, qui s’étend jusqu’en Irak. Les butins de guère enrichissent encore Ta Mery qui atteint son apogée politique. Djehouty-Messou  porte l’extension géographique de la civilisation pharaonique à son maximum – de l’Afrique australe jusqu’à l’Irak, en passant par le Soudan et la Libye. Il  impose sans conteste l’Egypte comme première puissance mondiale. Le pharaon s’éteint à l’âge de 64 ans. 

Menkheperre Djehuty-Mesu (right of the image) Temple of Deir el Bahari
Menkheperrè Djehouty-Messou (à droite de l’image). Il fait ici des offrandes à Horo (Horus), son équivalent divin en tant que Pharaon.
Temple de Deir el Bahari

Le roi comme le veut la tradition est fils spirituel d’Imana-Ra/Amon-Ra (Dieu). On peut lire l’hymne triomphal de Dieu écrit par Djehouty-Messou dans le temple de Karnak :

Mummy of Menkheperre Djehuty-Mesu Source : National Geographic
Momie de Menkheperre Djehouty-Messou
Source : National Geographic

« Yin.i di.i titi.k ourou Djahy (Je suis venu, je t’accorde d’écraser les princes de Djahi (Phénicie) ; je les jette sous tes pieds à travers leurs contrées ; – je leur fais voir ta majesté, couverte de ta parure de guerre, quand tu saisis les armes sur ton char,

Yin.i di.i titi.k ta Yabety (Je suis venu, je t’accorde d’écraser la terre d’Orient) ; Kafti (la Crète) et Asi (Chypre)sont sous ta terreur ; je leur fais voir ta majesté comme un taureau jeune, ferme de cœur, muni de ses cornes, auquel on n’a pu résister,

Yin.i di.i titi.k imiou nebout.sen. Taou nou metjen sedaou kher sendjou.k (Je suis venu, je t’accorde d’écraser les peuples qui résistent dans leurs ports, et les régions de Mitanni tremblent sous ta terreur) ; – je leur fais voir ta majesté comme l’hippopotame, seigneur de l’épouvante, sur les eaux et qu’on a pu approcher (…)

Yin.i di.i titi.k yountchou seti (Je suis venu, je t’accorde d’écraser les barbares de Nubie) ; jusqu’au peuple de Pout, tout est dans ta main – je leur fais voir ta majesté semblable à tes 2 frères, Horo et Souté (Horus et Seth), dont j’ai réuni les bras pour assurer ta puissance ».

Pour lire l’hymne en entier, cliquez ici

Menkheperre Djehuty-Mesu Illustration by Antonio Wade for Anheuser Busch
Menkheperre Djehouty-Messou
Illustration d’Antonio Wade 

Hotep !

Par: Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Notes :

  • antikforever.com
  • Civilisation ou Barbarie, Cheikh Anta Diop, pages 121-122
  • Stèle poétique de Thoutmosis III par rennesegypto
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