Dr Charles Drew, Inventeur de la banque de sang

Les recherches de cet homme noir marquent un tournant dans l’histoire de la médecine. Le Dr Drew a permis et permet à des millions de personnes dans le monde de continuer à vivre.

Charles Richard Drew naît en 1904 dans un ghetto de Washington au sein d’une famille métisse, considérée comme noire selon la définition américaine. Son père est poseur de tapis et sa mère institutrice. A 18 ans il entre dans une université du Massachusetts où il excelle dans le football américain.

Il travaille à l’université Morgan de Baltimore comme directeur sportif de l’équipe d’athlétisme et professeur de biologie, avant d’être accepté à l’université McGill de Montréal en médecine. Il y fini deuxième de sa promotion avec un diplôme de chirurgien.

Charles Drew était un grand sportif. Il est visiblement ici au sein d'une équipe de basket ball
Charles Drew était un grand sportif. Il est visiblement ici au sein d’une équipe de basket ball

Il enseigne alors la médecine à Washington avant d’obtenir son doctorat de sciences médicales à l’université de Columbia à New York. Il devient le premier Africain-Américain titulaire d’un doctorat en médecine de la prestigieuse université. Sa thèse de doctorat sur la création de la banque de sang, allait révolutionner la transfusion sanguine.

Auparavant le sang prélevé d’une personne pour être transfusé à une autre périssait après 2 jours. Dans son étude Banked blood : a study of blood preservation (Conservation du sang : une étude sur la préservation sanguine), le Dr Drew analyse en profondeur les facteurs physiques, chimiques et biologiques qui peuvent altérer la conservation du sang.

Il en ressort une méthode de séparation du plasma et du culot (les deux entités du sang) et une série de mesures permettant le stockage du sang collecté. Charles Drew rend le sang conservable dans des réfrigérateurs pendant une semaine, il permet ainsi la transfusion à large échelle. 

Le Dr Scudder, spécialiste dans le domaine, décrit les travaux de Charles Drew comme « Un travail monumental et un guide pour la création des banques de sang » [1].

Le Dr Drew crée la banque de sang de l’hôpital presbytérien de New York et de l’université de Columbia. Appelé comme conseil par les autorités américaines lors de la deuxième guerre mondiale, il les convainc d’adopter sa méthode. Il crée la première banque de sang en Angleterre où il fait expédier des poches pour les victimes londoniennes des bombardements d’Hitler.

Le Dr Charles Drew a posé les bases de la préservation du sang tel qu'on le connaît aujourd'hui.
Le Dr Charles Drew a posé les bases de la préservation du sang tel qu’on la connaît aujourd’hui.

La contribution de Charles Drew a un impact décisif pendant la deuxième guerre mondiale lors de laquelle il sauve des milliers de soldats à travers l’expédition de sang et la création de banques dans la Croix Rouge américaine. Beaucoup de personnes bombardées par les japonais à Pearl Harbor lui doivent également la survie. Les forces armées américaines l’informent par la suite qu’elles n’acceptent plus le sang des « gens de couleur » pour les soldats blancs. Le Dr Drew, révolté, proteste et perd son poste de directeur au sein de la Croix Rouge.

Le journal de Chicago The Defender se fait l’écho de cette affaire en écrivant « Le sang nègre n’est pas accepté mais quand les japonais ont bombardé Pearl Harbor et mutilé des centaines de soldats et de marines américains, le sang qui a sauvé la vie de ces derniers a été collecté par un chirurgien noir » [2].  

charles DrewCharles Richard Drew fut primé à n’en plus finir pour ses réalisations, notamment par le lobby noir la NAACP. De nombreux centres médicaux aux Etats Unis et le centre de la Croix Rouge américaine à Washington portent aujourd’hui son nom. Charles Richard Drew est mort des suites d’un grave accident de la route à 46 ans. Contrairement à ce qui est dit, son décès n’a pas été causé par un refus de soins en raison du racisme, sa famille ayant adressé une lettre de remerciements à l’équipe médicale qui l’avait pris en charge.  

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © 

Notes :

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