Les systèmes d’écriture en Afrique

Here first attested signs of writing in the history of humanity. In Ancient Egypt, -3400. [1]
Les premiers signes attestés de l’écriture dans l’histoire de l’humanité, Egypte antique, -3400 [1]
Here is the Meroitic writing from Sudan, which use was certified in -170 B.C. This writing was decoded in 1909 but the Meroitic language with its great treasures remain incomprehensible
L’écriture Méroïtique du Soudan, dont l’utilisation est attestée dès 170 av. JC. L’écriture a été décodée en 1909 mais la langue méroitique avec ses trésors immenses, reste incomprise. 

L’école néocoloniale a appris et continue d’apprendre aux africains que l’oralité est le seul moyen par lequel les Noirs transmettaient savoir et mémoire. Ceci est un grave mensonge car non seulement c’est l’Afrique qui a offert l’écriture à l’humanité, mais qui plus est, des formes d’écriture autochtones ont pullulé sur le continent depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. C’est ce que nous verrons dans cet article….

Une des remarques qu’il faut faire au préalable est que dans toutes les langues africaines, il existe des mots parfaitement endogènes pour désigner le fait de lire et d’écrire. Exemple :

Swahili : lire = kusoma; ecrire = kwandika

Lingala : lire = kotanga; ecrire = kokoma     

Bambara (langues mandingues) : lire = kalan; écrire = sèbè

Haoussa : Lire = karatou; écrire = rouboutou

Peul : lire = djangougol; écrire = windougol  

On voit donc que dans ce qu’on peut considérer comme les 5 langues africaines les plus importantes, il existe des mots sans influence arabe ou européenne qui désignent le fait de lire et d’écrire. Or, comment les Noirs font-ils pour avoir des mots pour signifier le fait de lire et d’écrire s’ils ne lisaient pas et n’écrivaient pas? Cette simple étude linguistique permet d’affirmer sans l’ombre d’un doute que la lecture et l’écriture étaient connues en Afrique noire hors du cadre des intrusions étrangères. Nous allons passer en revue les systèmes d’écriture connus sur le continent.

  • 1) L’écriture Bamoun, Cameroun
Text written in Shumom (Bamon writing), dated from the 1920’s.
Texte écrit en Shumom (écriture Bamoun), datant des années 1920.

C’est probablement ici l’écriture la plus connue d’Afrique noire. Des archives d’un volume considérable du royaume Bamoun et écrites en « Shumom » sont consultables dans les musées du Cameroun aujourd’hui. L’écriture Bamoun était tellement vivace que le savant Njoya l’utilisait pour ses bandes déssinés. Le problème avec le Shumom est qu’on nous dit que c’est le roi Njoya qui a vécu au tournant du 20e siècle, qui l’aurait inventé. L’idée de l’écriture lui serait venue du contact avec des lettrés peuls et haoussa d’expression arabe, et le Shumon lui serait par conséquent apparu en rêve. Or Cheikh Anta Diop identifie 7 signes communs à l’écriture égyptienne et l’écriture Bamoun. Par conséquent, Njoya n’a pas inventé cette écriture, mais il l’a bel et bien développé.

Les Bamoun étant descendants d’égyptiens, c’est donc l’écriture de leurs ancêtres qui s’est perpétué depuis la vallée du Nil jusqu’aux rives du fleuve Noun. 

Comic written in Shumom by the Bamun savant Johanes Yerima (also called Ibrahim Njoya) during the 1910’s.
Bande déssinée en Shumon, faite par le savant Bamoun Yohanes Yerima, encore appellé Ibrahim Njoya; Années 1910.
  • 2) L’écriture Mendé, Sierra Léone

Il s’agit d’une écriture de 212 signes. Ici encore, d’après l’histoire officielle elle se serait révélée en rêve à un tailleur mandingue du nom de Kisimi Kamara en 1921. Ici encore, Cheikh Anta Diop a mis à jour 15 signes communs avec l’égyptien ancien. Kisimi Kamara n’a donc rien inventé, l’écriture mende descend de l’écriture égyptienne et elle était en Sierra Léone de tout temps.

Common signs between Mende and ancient Egyptian
Signes communs entre l’écriture Mende et l’Egyptien hiéroglyphique 
  • 3) L’écriture Bété, Côte d’Ivoire

D’après l’historiographie occidentale, ce serait l’homme de savoir Bruly Bouabré, qui a rejoint ses ancêtres il y a 1 mois, qui serait l’inventeur de l’écriture Bété. Il aurait lui seul inventé, en 1948, 448 signes syllabiques pour sa langue au point de les utiliser pour écrire des contes. L’écriture ci dessous est pictographique, c’est à dire qu’elle repose sur des figures. Une étude plus approfondie trouvera à n’en pas douter d’autres signes communs avec les écritures d’Afrique. Si Bruly Bouabré a probablement développé cette écriture, il n’en n’était peut-être pas l’inventeur originel. Il était un initié des sociétés secrètes africaines où on lui a certainement appris les bases de l’écriture de ses ancêtres. 

The initiated man Bruly Bouabré who popularized the Bété writing
L’initié ivoirien Bruly Bouabré, qui popularisa l’écriture Bété
  • 4) Le Guez, Ethiopie

Voilà probablement la seule écriture d’Afrique qui reste très utilisée et très vivante jusqu’à nos jours. Le Guez éxistait avant le début de l’ère chrétienne. L’Ethiopie doit la préservation de son patrimoine à l’empereur  Menelik II, homme qui a chassé les colons italiens de son térritoire. Aujourd’hui le Guez s’affiche absolument partout dans le pays d’Hailé Selassié, y compris sur les avions d’Ethiopian Airlines. 

Ge’ez writing on the planes of Ethiopian Airlines
L’écriture Ge’ez sur les avions d’Ethiopian Airlines
  • 5) L’écriture Nsidibi, Nigéria-Cameroun

A propos de cette écriture, le chercheur P.A. Talbot nous dit « l’écriture nsidibi est certainement d’une antiquité considérable, et est dans une large mesure, pictographique » Maes Diop 172. La dizaine de signes communs entre le Nsidibi et l’égyptien ancien pousse également à chercher son origine dans la vallée du Nil.

Common signs between ancient Egyptian and Nsidibi
Signes communs entre le Nsidibi et l’égyptien ancien
  • 6) L’écriture Gicandi, Kenya

Elle fut pour la première fois signalée en 1921. Elle est l’œuvre du peuple Kikuyu, qui constitue le peuple le plus important du Kenya. On a pu identifier trois signes communs entre le Gicandi et l’égyptien ancien. 

  • 7) Les autres systèmes d’écriture en Afrique subsaharienne
Writings: Vaï, Mende, from Sierra Leone; Loma, Kpelle, Bassa from Liberia; Bamoun, from Cameroon; Oberi Okaime, from Nigeria; Djuka, Surinam (slaves descendants); Mandinka, from West Africa; Wolof, from Senegal; Fula (Pulaar), from West Africa; Bété, from Ivory Coast. 	 Sources: Histoire Générale de l’Afrique, volume 1, Chapitre 10 (General History of Africa, Volume 1, chapter 10), Pathe Diagne, pages 280-286.
Les systémes d’écriture : Vaï et Mende de la Sierra Leone; Loma, Kpelle et Bassa du Liberia; Bamoun du Cameroon; Oberi Okaime du Nigeria; Djuka, Surinam (descendants d’esclaves); Mandingue d’Afrique de l’ouest ; Wolof du Senegal; Peul d’Afrique de l’ouest; Bété de Côte d’Ivoire.
Sources: Histoire Générale de l’Afrique, volume 1, Chapitre 10, Pathe Diagne, pages 280-286.

Conclusion

On voit donc que non seulement l’Afrique est à l’origine de l’écriture, mais encore cette pratique est restée vivante après la fin des civilisations de la vallée du Nil. La liste des systèmes d’écriture que nous avons donnée est déjà importante; Il y en a sans doute bien d’autres qui ont disparu lors de la destruction de l’Afrique ces 500 dernières années. Il est aussi très intéressant de voir que bien de ces écritures prennent leurs racines dans la vallée du Nil, ce qui renforce l’unité identitaire des Noirs. Par conséquent l’Afrique n’a pas seulement une tradition orale, mais aussi une tradition écrite, n’en déplaise aux idéologues occidentaux. 

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Notes :

  • [1] Et l’Afrique offrit Dieu à l’humanité, par African History-Histoire Africaine
  • [2] L’Afrique noire précoloniale, Cheikh Anta Diop, page 179
  • [3] Nations Nègres et Culture, Cheikh Anta Diop, page 392
  • [4] Afrique noire, démographie, sol et histoire; Louise Marie-Diop-Maes, page 172
  • [5] Idem, page 171
  • Ankhonline
  • Afrique noire, sol, démographie et histoire; Louise Marie-Diop-Maes
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