Amilcar Cabral, père de l’indépendance de la Guinée Bissau

Le 20 Janvier 1973, Amilcar Lopes Cabral, ce grand combattant et militant africain, était assassiné. Hommage. 

Young Cabral
Cabral enfant

Rappelons que Amilcar lops Cabral est né le 12 septembre 1924 à Bafata dans l’actuelle guinée Bissau, qui était a cette époque une colonie portugaise.  Fils de Juvenal Cabral et de  Iva Pinhel Evora, il est un bon élève.

Après avoir terminé ses études secondaires en 1943, il obtient en 1945 une bourse qui lui permet d’aller suivre des études au Portugal. Durant ses études il se lie d’amitié avec des personnages qui compteront plus tard dans les luttes de libération des africains durant l’époque coloniale, notamment dans les territoires africains conquis par les portugais (ex l’Angola).  Il fit par exemple la connaissance de personnages comme Mario Andrade, Agostinho Neto, ou encore Eduardo Mondlane, futur fondateur du FRELIMO (Front de Libération du Mozambique).

Durant ses études, lui ainsi que ses compagnons d’origine africaine comme lui, qui font leurs études au Portugal, prennent conscience des problèmes africains. Leur prise de conscience et leurs réflexions vont les emmener lui et ses compagnons (notamment Agostinho Neto) à fonder secrètement un centre d’études africaines au Portugal même pour faire l’étude des peuples africains sous la colonisation et la promotion littéraire africaine.

Cabral as a student
Cabral pendant ses études

En 1952 il quitte le Portugal âpres avoir travaillé un peu dans d’autres colonies portugaises et au Portugal même. Il se rend en Guinée Bissau pour travailler et essayer de mettre fin à la domination et la colonisation portugaise. Directeur du centre expérimental agricole de Bissau, Il profite de son travail pour étudier pendant quelques années les structures socio économiques du Pays et s’imprégner des réalités. Cette meilleure connaissance du terrain lui servira dans sa lutte de libération.  En 1955 le gouverneur colonial de la Guinée Bissau lui demande d’aller en Angola pour travailler.

Durant ce séjour en Angola, il participe à la création du célèbre MPLA (Mouvement pour la Libération de l’Angola) en  1956. Durant cette même année (le 19 septembre)  il crée avec 5 de ses compagnons le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée (Bissau) et du Cap vert (PAIGC), qui sera tout d’abord une organisation clandestine et interdite avant d’être reconnue officiellement plus tard. C’est le début de la lutte proprement dite. Il devient le secrétaire général du parti. En 1957 il  organise secrètement le mouvement en Guinée en créant plusieurs cellules clandestines et un mouvement syndical  avec des personnes issues de la population urbaine.

Le 3 aout 1959 son parti essuie des pertes importantes lors de la répression d’une grève d’ouvriers (Dockers de Bissau) par l’armée portugaise. Il comprend donc d’apres ses dires que : « C’est seulement quand le nombre de cadavres de l’oppresseur est suffisamment grand qu’il commence à écouter. »

cabral 3

 Il réorganise le parti(PAIGC), en basant sa stratégie de lutte sur les populations des campagnes et sa connaissance du terrain. Et il se prépare, comme l’ont fait beaucoup de militants noirs à l’époque (Ex Mandela), avec son parti (toujours clandestinement) à la lutte armée contre les portugais  pour plusieurs raisons parmi les lesquelles on peut  citer notamment :

–          L’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap Vert

–          La recherche de l’unité culturelle économique, sociale  et politique de tous les groupes ethniques dans ces endroits

En 1963 la lutte armée éclate contre les portugais. Le PAIGC (tourné vers la lutte armée) se bat contre les portugais sur plusieurs  fronts avec comme base arrière la Guinée Conakry  et le Sénégal (actuels). La grande connaissance qu’il a du terrain va permettre à son organisation de battre les portugais à plusieurs reprises et de libérer de nombreuses régions en commençant par le Sud du Pays.

Cabral wearing sun glasses with a weapon in his hands surrounded by feminine troops of his army
Cabral armé et en lunettes de soleil, entouré de femmes soldats

Cabral et son parti remplacent a partir des années 1964-1965 les structures coloniales par de nouvelles structures administratives et politiques dans zones libérées pour venir en aide aux populations et résoudre leurs problèmes liés aux injustices coloniales.  Dans le même temps il cherche à faire  connaitre son mouvement a l’international afin d’avoir du soutien et de légitimer la nécessité de son combat sur le plan international, politique et diplomatique afin d’obtenir la proclamation de l’indépendance et faire chuter le régime colonial portugais.

cabral 2En 1966 Cabral participe a Cuba a une conférence tricontinentale (Asie, Afrique et Amérique Latine)  ou est crée l’organisation de solidarité des peuples d’Asie d’Afrique et d’Amérique latine. Cabral s’affirme à l’international comme un révolutionnaire de premier plan.

Sur le terrain les troupes de résistants de son Parti le PAIGC continuent le combat et continuent a battre les portugais. En 1968 son organisation (PAIGC) a déjà libéré les deux tiers de la Guinée Bissau, contrôle tous ces endroits, renforce son administration, met en place les bases d’une réelle structure étatique, crée des écoles, des centres de santé, etc….

En 1969, devant toutes les avancés militaires et diplomatiques du mouvement de Cabral , les portugais craignant que leur image ne soit entachée (mauvaise réputation) à l’international promettent aux populations d’améliorer leurs conditions, et cherchent des noirs à corrompre afin de les utiliser pour détruire le mouvement de Cabral. Mais ces tentatives n’empêcheront pas la progression du mouvement de Cabral qui sera reçu  par les autorités occidentales pour parler de son combat, défendre ses idées et son mouvement de libération. Il échappe a une tentative d’assassinat diligenté par les portugais le 22 novembre 1970. 

En aout 1971 l’organe dirigeant du PAIGC décide de préparer les conditions pour des élections  en 1972, visant à former la première assemblée populaire de Guinée Bissau. Ce qui fut fait.

En 1972, les Nations Unis reconnaissent son organisation (PAIGC) comme représentante  légitime des peuples de Guinée Bissau et du Cap vert. Désormais c’est avec son organisation que les Nations Unies et les autres pays occidentaux discuterons concernant le cas de la Guinée Bissau et du Cap Vert. Les Nations unies se mettent donc à condamner officiellement les manœuvres colonialistes portugaises. L’indépendance officielle était alors proche et la chute des portugais n’était plus qu’une question de temps. 

We can see Cabral and Fidel Castro, a person who has done a lot for Africa and who supported several liberation African movements – for example the ANC in South Africa.
Amilcar Cabral avec Fidel Castro, un homme qui a beaucoup fait pour l’Afrique en supportant de nombreux mouvements de libération, tel que l’ANC en Afrique du Sud.

Le 20 Janvier 1973, Cabral est assassiné à Conakry sur ordre des portugais. Le 24 septembre de la même année, l’assemblée populaire formée l’année précédente  par le PAIGC promulgue la constitution et le 10 septembre 1974, le Portugal reconnait l’indépendance du Cap vert et de la Guinée Bissau.

Même si Cabral n’a pas pu voir l’aboutissement final (l’indépendance pour laquelle il s’est battu durant environ une vingtaine d’années) son vœu s’est réalisé et le combat qu’il a mené a porté ses fruits.

timbre cabralPour finir nous vous laissons avec cette citation de Cabral qui disait : « Personne ne peut douter, parmi notre peuple, comme chez tout autre peuple africain, que cette guerre de libération nationale dans laquelle nous sommes engagés n’appartienne à l’Afrique tout entière ! »

Hotep à toi digne serviteur de la Maat !!!! 

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Notes : 

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