Zumbi, le plus grand résistant à la traite négrière au Brésil

Zumbi (Auteur de l’illustration inconnu)

Il y a 3 siècles, cet homme originaire du Kongo menait la plus emblématique des rebellions contre l’esclavage au Brésil. Il y est considéré aujourd’hui comme le père de la Conscience Noire…

A la fin du 15e siècle, envoyés par le Vatican, les Portugais arrivent dans l’empire Kongo, qui recouvre à l’époque l’Angola, la RD Congo, le Congo et le Gabon. Par leurs actes terroristes, ils commencent la destruction de l’empire et la mise en esclavage de ses habitants. Les rois Kongo vont vaillamment résister et au cours de ces guerres, des membres de la noblesse seront capturés et déportés au Brésil.

Ce sont majoritairement ces Africains du Kongo mis en esclavage, qui s’évadent des plantations et fondent vers 1600 un territoire libre au nord-est du Brésil. La première localité est nommée Angola Janga (petite Angola). Le territoire entier prend le nom de Quilombo, qui serait un nom Mbundu d’Angola signifiant « camp des guerriers ». Les portugais nommeront l’enclave Quilombo dos Palmares, en raison du grand nombre de palmiers dans le pays.

Quilombo va accueillir tous ceux qui fuient l’oppression du pouvoir colonial. Le territoire, grand comme le Portugal, comptait ainsi 7 communautés africaines, 2 amérindiennes et une communauté de portugais, dont des Juifs. A terme ce sont 60 000 personnes qui y vivront dans plusieurs communes comptant des milliers de maisons, et entourés de palissades de bois pour leur protection.

Les Africains y reproduiront l’organisation inclusive en castes socio-professionnelles, affûteront leur défense par le maniement des armes et la perfection de l’art martial angolais Capoeira, et bâtiront un tissu économique solide.

Fils de Sabina, petite-fille d’un roi du Kongo, Zumbi naît libre en 1655 à Macaco, capitale de Quilombo. A 7 ans, pendant les guerres incessantes opposant les Quilombolas aux Hollandais puis aux Portugais, il est capturé et donné en esclavage à un prêtre qui le baptise Francisco. Il suit une instruction catholique jusqu’à l’âge de 15 ans, quand il s’enfuit pour retourner à Quilombo. Il assiste son oncle Ganga Zumba, roi de Quilombo, et s’élève, par ses prouesses guerrières, au rang de chef des armées.

En 1675, Zumbi n’a que 20 ans quand il réalise son premier fait d’armes. Les Portugais envahissent dans le sang une localité de 8000 huttes. Zumbi et ses hommes font un retrait stratégique puis contre-attaquent et vont jusqu’à conquérir de nouveaux territoires, forçant les Portugais à se retirer.

Affrontements entre les Quilombolas et les Portugais

Las d’être tenu en échec par les Africains, le capitaine Pedro de Almeida vient voir Ganga Zumba pour négocier. Les portugais renoncent à attaquer Quilombo si l’Etat arrête d’accueillir des Africains fuyant l’esclavage. Le roi accepte mais Zumbi n’admet pas que d’autres Noirs continuent à subir le travail forcé. Résolu à maintenir une ligne dure contre l’esclavage, le Général défie son oncle et aurait fini par le faire empoisonner en 1687, devenant ainsi roi de Quilombo dos Palmares.

En 1694, après près de 20 ans de résistance, Zumbi fait face à l’assaut final des Portugais. Macaco, la capitale de Quilombo, entourée de 3 murs de palissades défendus par 200 guerriers armées chacun, finit par tomber. Zumbi parvient à s’enfuir et échappe aux Portugais pendant un an. Un de ses hommes est arrêté et avoue, après torture, où se il se trouve. Le roi africain est pris et décapité le 20 Novembre 1695. Sa tête est exposée dans la ville de Recife. C’est la fin de Quilombo dos Palmares, après 95 ans d’existence et de résistance exceptionnelle contre les armées portugaises et hollandaises.

L’héritage de Zumbi au Brésil

L’existence de Quilombo dos Palmares a représenté, durant toute la période de l’esclavage, un espoir pour les peuples de l’univers concentrationnaire d’Amérique. Zumbi, en tant que dernier chef, et pour sa résistance totale à l’asservissement, est resté l’emblème de cette liberté pour laquelle il fallait lutter. En 1995, le 20 Novembre, jour de la mort de Zumbi dos Palmares, a été désigné comme journée de la Conscience Noire. Les Africains-Brésiliens vénèrent jusqu’à aujourd’hui le roi africain comme leur ancêtre le plus glorieux.

Les Africains-Brésiliens, vénérant selon la tradition spirituelle africaine, l’ancêtre méritant Zumbi. Sa statue, façonnée selon les codes artistiques Yoruba du Nigéria-Bénin, trône au dessus d’une pyramide, inspirée de l’antiquité africaine.
L’aéroport international de Maceio, nommé en l’honneur de Zumbi

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama ©

Notes :

  • Black Past
  • Wikipedia
  • Black History Pages   
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