Yahmessou (Ahmosis I), le Roi qui libéra l’Egypte

 

Le pharaon Kamessou, en compagnie des Nehesiou (Soudanais) Illustration d'Angus McBride
Le pharaon Kamessou, en compagnie des Nehesiou (Soudanais)
Illustration d’Angus McBride

C’est en -1730 que des envahisseurs étrangers entrèrent en Egypte. L’historien égyptien ancien Manethon les décrit par ces mots « À l’improviste, des hommes d’une race inconnue venue de l’Orient eurent l’audace d’envahir notre pays [l’Égypte], et sans difficulté ni combat s’en emparèrent de vive force. On nommait tout ce peuple hyksôs, ce qui signifie « rois-pasteurs ». Car hyk (heka) dans la langue sacrée signifie « roi » et sôs (khasout)  dans la langue vulgaire veut dire « pasteur (nomade) » » [1].

Leur barbarie fut totale,  Manethon note encore que les Hyksôs brûlent les villes, détruisent les temples et conduisent femmes et enfants en esclavage. Le pouvoir autochtone nègre se replie au sud à Ouaset (Thèbes), laissant le delta et la moyenne Egypte entre les mains des envahisseurs, de toute évidence des Blancs nomades d’Asie.

C’est après près de 180 ans d’occupation que les rois du Sud vont débuter la reconquête du pays et que va s’illustrer le réunificateur légendaire de l’Egypte : Nebpehtyré Yahmessou.

Vers -1550 le roi du sud Seker n Ré Taa entame de manière décisive la guerre de libération du pays et est tué au combat par les ennemis Hyksos. Son fils et brillant chef de guerre Kamessou reprend la moyenne Egypte au terme de batailles gagnées de hautes volées.

A la mort prématurée de Kamessou, c’est son frère Yahmessou qui n’a que 5 à 7 ans, qui est désigné comme exécutant du pouvoir. Yahmessou jeune, ce sont les véritables détentrices du pouvoir, c’est-à-dire sa grand-mère Tetishery et sa mère Akhotpou, qui vont l’exercer légitimement, conformément à la tradition matriarcale africaine. Akhotpou se comporte comme un véritable chef de guerre et solidifie les positions reprises par son fils ainé Kamessou.

Yahmessou (Ahmosis)
Yahmessou (Ahmosis); Musée du Louvre

C’est arrivé à près de 20 ans que Yahmessou exerce la régence, qu’il légitime par le mariage avec sa sœur Yahmessou Neferet-Iry (Ahmès Nefertari). Celle-ci héritant de sa mère et sa grand-mère. Son nom de couronnement est Nebpehtyré, c’est-à-dire le maître de la force de Dieu. Nebpehtyré Yahmessou entame donc l’œuvre de sa vie, la restauration de la puissance égyptienne.

Yahmessou attaque les Hyksos dans le delta du Nil et prend la ville sainte d’Iounou (Héliopolis). Il descend le delta oriental et s’empare de Tjarou, coupant ainsi la voie d’approvisionnement de l’armée étrangère depuis le pays de Canaan (proche orient actuel). Le roi occupant Khamoudy tente de négocier, mais Yahmessou ne veut rien entendre.

L’armée égyptienne, devenue puissante et galvanisée par ses victoires depuis Kamessou, s’empare de la capitale hyksos Avaris après maintes batailles. Le siège fortifié de l’occupant tombe sous les assauts africains. Khamoudy fuit vers le pays de Canaan d’où il espère reprendre l’Egypte. Yahmessou décidé à anéantir ses ennemis jusqu’au dernier, entre au Proche-orient et assiège pendant des années la ville de Sharuhen, actuellement entre Rafah et Gaza, faisant ainsi tomber les dernières résistances Hyksos.

Un ancien collaborateur de l’ennemi tente un soulèvement au nord de l’Egypte, la reine-mère Akhotpou mate la rébellion. L’Egypte est libérée après près de 200 ans d’occupation.

Yahmessou Neferet-Iry
Yahmessou Neferet-Iry; Musée du Louvre

Le pharaon fait le ménage et se montre intraitable avec ceux qui ont été de mèche avec l’envahisseur. L’historien africain-caribéen Niousserê Kalala (Jean Philippe) Omotunde nous apprend que les Hébreux seraient entrés en Egypte du temps du règne des Hyksos. A la libération du pays, Yahmessou s’est donc montré particulièrement dur avec eux, d’où probablement l’origine très exagérée du mythe de l’esclavage des Juifs en Egypte, qui n’ont jamais construit aucune pyramide.

Yahmessou consolide les frontières ouest du pays avec la Lybie. Enfin, comme Khakaouré Sen-Ouseret (Sesostris III) avant lui, Djehouty-Messou (Thoutmosis III) et Ramessou Maryimana (Ramsès II) après lui, il conquiert la Nubie qu’il fait administrer par un vice-roi. Il fait ainsi naître avec sa femme la plus célèbre et prestigieuse des dynasties égyptiennes, la 18e, où on retrouve Hatchepsout, Thoutmosis III, Amenhotep III, Akhenaton ou Toutankhamon.

Yahmessou
Yahmessou; Musée de Manchester

Yahmessou nomme des hommes de confiance à la tête des provinces, fait redémarrer l’économie par le commerce et l’exploitation minière. Ouaset devient la capitale du pays, il enrichit l’Egypte de centres religieux. Après 25 ans de règne, c’est une Egypte libérée, aux frontières rétablies, que Nebpehtyré Yahmessou et Yamessou Neferet-Iry laissent à leur fille Akhotpou et à leur fils le pharaon Djoserkaré Imanahotep (Amenhotep I).

Yahmessou reste donc une figure absolument majeure de l’histoire noire.

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Notes :

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