Spiritualité et rapports de domination en Afrique : témoignages

 

Louis Gustave binger
Louis Gustave Binger

Ceci est le témoignage du capitaine Louis G. Binger dont la ville de Bingerville en Côte d’Ivoire porte le nom. Rapportant les témoignages des explorateurs et missionnaires ayant jadis parcouru notre continent, il écrit ce qui suit: 
 
« Cette région comprend les bassins du Sénégal, du Niger, du Comoë et de la Volta, elle est habitée par plus de cent peuples différents, se rattachant à trois races principales: la race arabe, la race peule et la race noire, elles sont musulmanes et fétichistes. 
Ils nous permet de laisser aux explorateurs et aux missionnaires qui vivent sur d’autres point du continent noir, le soin de raconter à leur tour ce qu’ils ont vu, et ce qu’ils pensent.
Les esclaves une fois achetés et reçus dans l’intérieur d’une famille musulmane ou fétichiste, y sont traités avec douceur; ils se marient généralement à d’autres captifs de leur maître. Ils vivent sous le même toit, sont nourris et se vêtissent de la même façon; ils deviennent même très souvent eux-mêmes propriétaires d’esclaves.
 
La différence qu’il y a entre le maître et l’esclave, c’est que le premier se croise les bras et que le second travaille.
Mais ce n’est pas le travail forcé sous le fouet du maître, comme on le croit généralement chez nous; le travail de l’esclave se résume aux gros ouvrages: il va chercher l’eau et des charges de bois, pile les grains; plus tard, il cultive les champs, s’occupe des animaux et vaque aux soins de la maison en général.
 
En résumé, cet esclave n’est pas plus malheureux que beaucoup de gens qui vivent autour de nous et que nous ne voulons pas voir. »
Africains imitant la crucifixion biblique. La conséquence d'une aliénation spirituelle datant de l'ère coloniale
Africains imitant la crucifixion biblique. La conséquence d’une aliénation spirituelle datant de l’ère coloniale
Non seulement dans ce témoignage, il nous apprend que nos ancêtres ne pratiquaient pas l’esclavage. Nous apprenons également que le christianisme n’existait nulle part en dehors l’Islam et du « Fétichisme ». 
 
En outre, le terme péjoratif  de « fétichisme », qui, on le sait bien, n’est utilisé que pour rabaisser nos croyances et nous pousser à en éprouver une certaine honte à les pratiquer publiquement, nous laisse indifférents. Il ne reflète en rien nos croyances religieuses ancestrales puisque nous connaissons leurs vraies appellations dans chacune de nos langues.
 
Si nous remontons également le temps avant l’arrivée et l’expansion de l’islam sur le continent, nous verrons encore qu’il ne restera que le « fétichisme ». En conclusion, nous ne sommes ni musulmans ni chrétiens. Nous sommes des pratiquants de ce que les européens ont abusivement et par ignorance qualifié de fétichisme.
 
Danse traditionnelle
Danse traditionnelle et spirituelle africaine
Revenons donc à nos croyances originelles car celles que nous pratiquons aujourd’hui ne sont que le fruit de la soumission de nos ancêtres par l’épée et par le canon. Faisons-le pour nous-mêmes mais surtout pour nos ancêtres qui ont lutté pour défendre et conserver ce qui pouvaient l’être de leurs traditions et culture reçues de leurs ancêtres.
 
Missionnaire
Missionnaire en pleine aliénation spirituelle de d’enfants africains

Même si notre intention première n’était que de démontrer que le christianisme était synonyme de néant sur notre continent avant l’arrivée des européens, un autre sujet intéressant fait son apparition dans le texte ci-dessus cité. Il s’agit de la question de l’esclavage. À vrai dire, la clarté des propos du capitaine Louis G. Binger ne souffre pas de la nécessité de commentaires élaborés pour démontrer à quel point « l’esclavage » pratiqué par les africains était tout aussi inexistant que le christianisme avant l’arrivée des missionnaires. 
 
En effet, si nous suivons la description des tâches et des conditions de travail des soi-disant esclaves, il apparaît qu’ils peuvent être qualifiés de « boy/bonnes » ou de servants/servantes comme cela se fait encore, de nos jours, dans nos villes. À moins de nous dire que nous continuons de pratiquer l’esclavage. La seule différence par rapport à ce qui se pratique aujourd’hui dans nos foyers est ce que l’auteur qualifie par captifs.
 
 
Ce mot est très déterminant dans la compréhension de la nuance que les européens semblent se refuser à avouer. Peut-être dans le seul but de se dédouaner de leurs actes impardonnables à l’égard de notre continent? Tout  de même, n’en demeure-t-il pas moins que le traitement des captifs par nos ancêtres est jugé par les missionnaires meilleur et enviable en comparaison de celui des citoyens Français de la même époque.
 
Alors, nous retenons que notre continent qui était versé dans le « fétichisme » traitait ses captifs, supposément « esclaves », d’une bien meilleure manière que des hommes blancs libres ne l’étaient par d’autres hommes blancs « civilisés » dans leur propre pays.
 
Revenons à nos valeur traditionnelles ,culturelles et spirituelles. Notre salut s’y trouve!
 
Hotep!
 
Par : Lisapo Ya Kama © 
 
Source: Esclavage, islamisme et christianisme, Capitaine Louis G. Binger, Société d’éditions scientifiques, 1891 
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