Ramsès II était-il noir ou blanc?

[:fr]

Chaque fois que vous direz que les anciens égyptiens étaient des Noirs, on vous sortira l’image de la momie de Ramessou Maryimana pour vous contredire. La grandeur de ce roi est telle que pour l’observateur inattentif, sa blancheur présumée discrédite totalement la négrité des égyptiens anciens dans leur totalité. Les occidentaux ont dans ce sens décrété qu’il était un blanc aux cheveux roux. Or un texte que le roi lui-même a laissé, des gravures et dessins faits de lui ne vont pas dans ce sens. Mais on verra encore que la momie même qui nous est présentée comme étant la sienne nous donne la clé de l’énigme.

Ramesu Maryimana’s mummy
La momie de Ramessou Maryimana

Déjà Ramessou ne pouvait pas être un Blanc à cheveux roux pour la raison que quand les égyptiens rencontraient un Blanc à cheveux roux, ils le tuaient systématiquement. Ils estimaient que ce genre de personne était impropre à la vie. Si cette pratique de nos ancêtres est en tout point condamnable et extrêmement regrettable, elle montre tout de même qu’un peuple qui massacrait les Blancs roux ne pouvait pas avoir un Blanc roux comme roi. Ensuite le fait qu’on présente une momie avec des cheveux lisses ne prouve pas du tout que Ramessou Maryimana et par extension les égyptiens n’étaient pas des noirs. Il existe deux types de cheveux chez les Noirs. On a des Noirs à cheveux crépus qui sont la majorité, et les Noirs à cheveux lisses comme les Noirs d’Inde (Dravidiens).

Blacks of India, called Dravidians, with straight hairs
Les Noirs d’Inde, appelés Dravidiens, avec leurs cheveux lisses

Il existait les deux types de Noirs en Egypte mais les Noirs à cheveux crépus étaient sans conteste la majorité, comme en fait foi le témoignage du savant grec Heredote, surnommé le père de l’histoire, et témoin oculaire de l’Egypte antique. Hérédote en parlant des colches qu’ils pendaient être des descendants d’Egyptiens, dit «Manifestement, en effet, les Colchidiens (un peuple noir qui vivait dans l’actuel Georgie à l’époque) sont de race égyptienne ; mais des Egyptiens me dirent qu’à leur avis les Colchidiens descendaient des soldats de Sésostris. Je l’avais conjecturé moi-même d’après deux indices : d’abord parce qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus, ensuite et avec plus d’autorité, pour la raison que, seuls parmi les hommes, les Colchidiens, les Egyptiens et les Ethiopiens pratiquent la circoncision depuis l’origine » [1]

Que les cheveux soient lisses n’exclut donc en rien que Ramessou soit noir, mais on ajoute au vu de sa chevelure qu’il était roux ! En sachant que le Per aha (pharaon) est mort à près de 90 ans, la question qu’on pose est la suivante : combien de vieillards de 90 ans ont les cheveux avec la couleur d’origine ? Réponse : aucun. D’autant que les égyptiens avaient l’habitude de se colorer les cheveux en roux, probablement avec du henné.

Famous representation of races under Ramesu Hekayunu (Ramses III). Egyptians (A) and the other Blacks of Africa (C) have their hairs colored in red. Are all Black of Africa red-headed?
La fameuse représentation des races humaines sous Ramessou Hekayounou (Ramsès III) : Les égyptiens (A) et les autres africains (C) ont tous les cheveux colorés en roux. Va-t-on dire que tous les Africains sont des roux??
Young Egyptian girl with red hair
Jeune femme égyptienne avec les cheveux roux

Lors de la bataille de Kadeh en Syrie où il forgera sa légende, le roi dans la difficulté invoque l’Ancêtre primordial (Dieu) pour lui venir en aide et dit de ses ennemis qu’ils veulent « nuire aux Kamits (Noirs) et voler leurs richesses » [2]. Le fait qu’il demande à l’Ancêtre primordial de protéger les Noirs est un élément clair en faveur du fait qu’il était lui-même Noir.  

Sur les représentations du roi enfant, il porte une tresse sur le côté comme cet enfant himba de Namibie.

Ramesu Maryimana on the left side of the picture & children from current Africa, particularly Himba children from Namibia, on the right side.
Ramessou Maryimana à gauche et un enfant de l’Afrique actuelle, Himba de Namibie, à droite

Sur cette deuxième image où il précède son père Ousiré Souti Mery-n-Ptah (Sethi 1er), on voit bien qu’on lui a fait des petites tresses (rasta) qu’on a ensuite entremêlées dans une grande tresse sur le côté. Seul le cheveu crépu est propice à une telle coiffure. On est donc très surpris qu’on nous présente une momie avec des cheveux lisses comme étant la sienne. Les graveurs égyptiens se seraient donc systématiquement trompés ??

Wasire Suti Mery-n-Ptah & Ramesu Maryimana in Abydos. Fresco discovered by Auguste Edouard Mariette.
Ousiré Souti Mery-n-Ptah et Ramessou Maryimana sur un mur d’Abydos. 

Revenons à la momie, qui nous donne le fin mot de l’histoire. Une des différences majeures entre un Noir et un non-Noir est la mâchoire. La mâchoire du Noir est poussée vers l’avant du visage, on parle de prognathisme. Celle du non-Noir est alignée avec le front, on parle d’orthogonathisme. Le prognathisme ne se retrouve que chez les Noirs. Ci-dessous la momie qu’on nous présente est clairement prognathe. Ramessou est donc noir.

The king is clearly touched by prognathism, he is therefore Black.

Si on accepte que la momie qui nous est présentée est celle de Ramessou Maryimana, on conclue donc qu’il s’agissait d’un Noir à cheveux lisses, dont on a teinté les cheveux à la mort avec du henné.

Ramesu Maryimana, wearing the royal multicolor colar like the Maasais of Kenya-Tanzania and the Xhosas of South Africa. He has a snake on his royal helmet, the same way the Yoruba kings of Nigeria had
Ramessou Maryimana, portant le collier royal multicolore qu’on retrouve chez les Maasaï du Kenya-Tanzanie et les Xhosa d’Afrique du Sud. Un serpent orne son casque royal, comme chez les rois Yoruba du Nigéria (Source image : Le fabuleux héritage de l’Egypte antique, Christiane Desroches Noblecourt, page 180)

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Bibliographie :

    • [1] Antériorité des civilizations nègres, Cheikh Anta Diop, page 35
  • [2] Hymnes et Prières Kamites, Jean Philippe Omotunde, page d’introduction.
Spread the love