Nations Nègres et Culture, le début de la connaissance

« Je ne m’étendrai pas sur le cas des historiens, ni celui des historiens de la colonisation, ni celui des égyptologues, le cas des premiers étant trop évidents, dans le cas des seconds, le mécanisme de leur mystification ayant été définitivement démonté par Cheikh Anta Diop, dans son livre : Nations nègres et Culture – le plus audacieux qu’un nègre ait jusqu’ici écrit et qui comptera, à n’en pas douter, dans le réveil de l’Afrique. » Aimé Cesaire, Discours sur le colonialisme.  

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Tout le monde ou presque a entendu parler de ce livre, personnellement je ne peux pas dire quand est-ce que j’ai entendu ce titre la première fois. C’est par cet ouvrage publié en 1954 que Cheikh Anta Diop a initié le travail qui allait faire de lui le père de l’historiographie africaine.

Panafricaniste, indépendantiste et très vite conscient du besoin d’unité des Africains, il a compris qu’il fallait faire naître le sentiment d’unité autour d’une histoire et des valeurs communes. Il est donc aller fouiller dans le passé ces bases, et il est comme il le disait « tombé » sur l’Egypte antique; à cause notamment des interminables similitudes entre l’Égyptien ancien et sa langue le Wolof.

Diop dans sa jeunesse en France
Diop dans sa jeunesse en France

Ce livre démontre le caractère strictement négro-africain de la civilisation égyptienne, et passe en revue le caractère noir de Carthage et des premières civilisations d’Asie. Diop utilise les témoignages des anciens, l’étude comparative des cultures, les images d’égyptiens anciens, et surtout la linguistique comparée avec le Wolof pour prouver ce qu’il dit. Mais à aucun moment, il ne perd l’objectif qu’il s’est fixé, résoudre les problèmes africains de son temps grâce au passé.

Etudiant à Paris à 31 ans, au milieu de la lutte pour les indépendances, il charge avec courtoisie l’égyptologie occidentale et met à nu la falsification de l’histoire noire pour les besoins de l’impérialisme.

63 ans après, ce livre n’a pas pris une ride, et on est toujours absolument bluffé par le génie, la sagesse, l’exceptionnelle maturité, l’absence absolue d’un quelconque complexe d’infériorité envers l’Occident, la modération, le calme de l’homme qui tue en douceur – et par la seule science – les falsificateurs.

On sort de ce livre transformé, on quitte son état d’esclave éternel pour monter haut, tellement haut dans l’échelle de l’histoire qu’on le refuse au départ. C’est avec ce livre que nous avons été initiés à l’histoire africaine. Ce livre doit être lu par chaque Africain du monde. Il faut le lire et le relire pour le comprendre.

Bonne lecture.

Hotep!

Par : Lisapo ya Kama 

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