Onesimus, l’Africain à l’origine de la prévention de la variole aux Etats-Unis

Au 18e siècle, un Africain mis en esclavage introduisit aux Etats-Unis une méthode qui permit de juguler une des maladies les plus effroyables de l’histoire.

La fièvre, des courbatures, une fatigue invalidante, des vomissements, puis des taches rouges et du pus sur tout le corps, et enfin des cicatrices defigurantes et la mort dans un cas sur sept. Apparue en Asie et en Afrique dans l’antiquité, la variole devient catastrophique quand son virus mute au 16e siècle. Il propage alors la mort, infecte 9 Européens sur 10, tue jusqu’à 1 personne sur 7. Même les rois et reines succombent.

La variole en Europe
1474

Les Espagnols introduisent le virus muté en Amérique lors de la prise du continent. Les Amérindiens, en voie d’extermination par la colonisation européenne, sont achevés par les maladies, dont la variole.

En 1706 dans la ville de Boston aux Etats Unis, un religieux du nom de Cotton Mather achète un Africain déporté et mis en esclavage, qu’il baptise Onesimus. Boston est frappé par des épidémies de variole aussi meurtrières les unes que les autres. A un point, la moitié des 11 000 habitants de la ville est atteinte. Les cadavres sont partout.

Onesimus apprend à Mather qu’il a eu la variole une fois et depuis en est protégé, grâce à une technique en Afrique qui consiste à prendre du pus d’une personne atteinte et l’introduire dans une scarification d’une personne saine. Onesimus montre à Mather la cicatrice qu’il garde de l’intervention.

Mather fait des recherches et apprend que ce qu’on appellera inoculation ou variolation, est aussi pratiquée en Chine et en Turquie, et que dans tous ces cas, elle diminue très fortement la mortalité. Il part donc en campagne à travers Boston pour promouvoir la méthode préventive et ne cache pas qu’elle lui vient d’un Africain qu’il a en esclavage. Le religieux fait face à une opposition frontale, passionnée, sceptique et raciste pendant des années.

En 1721 finalement, le Dr Zabdiel Boylston suit Mather et inocule son propre fils et les Africains qu’il a en esclavage. Les résultats sont parlants, 1 personne variolisée sur 40 meurt, contre 1 sur 7 parmi ceux qui contractent naturellement la maladie. La technique se repend donc ainsi et sauvent des centaines de milliers de vies.

C’est cette même inoculation introduite en Europe de l’ouest depuis la Turquie encore au 18e siècle, qui a ouvert la voie à la création du vaccin, c’est-à-dire l’introduction d’un germe vivant, mais cette fois ci dont le potentiel infectieux est largement diminué.

En 1958, l’OMS entama une campagne mondiale de vaccination contre la variole. Le 22 Septembre 1978 voit le dernier cas de variole dans le monde, en Angleterre. La maladie a depuis disparu de la surface de la Terre et son éradication est probablement la plus grande réussite de l’histoire de la médecine moderne.

La contribution fondamentale d’Onisimus au traitement de la variole en Amérique, n’est qu’un exemple de toutes les connaissances médicales de l’Afrique précoloniale, qui font suite aux méthodes de contraception avancées ou la fabrication de prothèses ultraréalistes de l’Afrique pharaonique. De la césarienne réussie sous anesthésie chez les baNyoro d’Ouganda à l’opération avec succès de la cataracte dans l’empire Songhaï ; la chirurgie du cerveau, sans décès, et en plein air chez les Kissi du Libéria ; ou les techniques de dentisterie qui font que les Africains ont pour beaucoup une bonne dentition. L’inoculation, ancêtre de la vaccination, et même les méthodes d’isolation contre la variole, étaient donc aussi pratiquées en Afrique.

Prothèse égyptienne réaliste

A l’époque pharaonique comme à l’époque impériale, la médecine était développée sur le continent noir

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama ©

Notes :

  • history.com
  • historyofvaccines.org
  • wikipedia.com
  • Blacks in science, édité par Ivan van Sertima
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