Les racines africaines des civilisations de l’Amérique ancienne

Les Soudanais s’en vont en Amérique

Taharqa, the legendary sudanese pharaoh of Egypt Illustration by National Geographic
Taharqa, le légendaire pharaon soudanais d’Egypte (Illustration de National Geographic)

En -1090, les envahisseurs blancs, capturés et mis en servitude dans les temples, s’affranchissent et mettent à sac le pouvoir autochtone nègre dans le nord de l’Egypte. Les institutions légitimes se replient dans le sud et pendant près de 300 ans, Ta Mery (l’Egypte) est livrée au pouvoir féodal des roitelets du nord. Le pays lance un appel au secours au roi du pays des ancêtres, le soudanais Piankhy, qui avec ses successeurs Shabaka, Shabataka et Taharqa vont entamer et consolider la reconquête du pays par le pouvoir légitime africain.

Libérée et sous le control d’empereurs soudanais, Ta Mery fait face au puissant voisin assyrien qui lui dispute son hégémonie en Asie occidentale. Les nubiens (soudanais) qui contrôlent alors toute l’Afrique du Nord-Est, soit près d’un quart du continent, revivifient magnifiquement la civilisation égyptienne dont ils sont à l’origine. Une guerre froide s’installe entre Kamita (l’Afrique) et l’Assyrie. Les voies maritimes passant par la Mer rouge sont fermées et l’Afrique a besoin de métaux pour compléter son armement. Elle entend donc les chercher peu importe où ils se trouvent. Pas seulement en grande Bretagne comme d’habitude, mais vers des contrées lointaines presque oubliées.

La voie maritime vers l’Amérique, d’où venait le Tabac à l’époque de Ramessou Maryimana (Ramsès II) vers -1300, va être mise à contribution pour l’effort de guerre. Des guerriers nubiens embarquent donc, traversent la Méditerranée, empruntent les courants marins sur l’Océan atlantique et arrivent au Mexique, rencontrant des Amérindiens qu’on appellera Olmèques. Nous sommes vers 700 avant JC. C’est donc de ces hommes, ou plutôt de leur impact, que nous allons vous parler. C’est au contact de ces soudanais porteurs de la civilisation égyptienne, que les Amérindiens vont réellement commencer à briller.

The discovery of an African head of the Olmec civilization
Découverte d’une tête africaine de la civilisation olmèque

11 têtes colossales extraordinairement négroïdes ! C’est au début du 20e siècle que des chercheurs américains mettent à jour des têtes sculptées au Méxique dont certaines sont hautes de 2,8 m. Tous ces visages regardent vers l’océan atlantique, leur attitude est menaçante, ils portent des tresses soudanaises que recouvre un casque militaire égyptien.

Les datations de matériels organiques relatifs à ces colosses de pierre montrent qu’ils sont contemporains de la 25e dynastie égyptienne des pharaons soudanais. Les occidentaux ferment les yeux sur ces trouvailles que leur esprit qui ne répond qu’au mythe du Nègre esclave n’accepte pas ou inventent tout d’un tas d’inepties pour expliquer – ou plutôt réfuter – le caractère négroïde indiscutable de ces sculptures. Florilège :

  • Ce sont des faces de bébé
  • Les sculpteurs ont en réalité essayé de représenter les traits du jaguar
  • Les outils n’étaient pas assez tranchants pour représenter des traits mongoloïdes (amérindiens) ou blancs.
  • Et la meilleure : les visages sculptés étaient fins, c’est en tombant du haut d’une montagne qu’ils se sont aplatis.

La plupart des images ci dessous sur les Africains de la civilisation olmèque sont des images publiées par l’historien africain-américain Runoko Rashidi. 

The discovery of an African head of the Olmec civilization

Xalapa museum, Mexico
Musée de Xalapa, Mexique

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The great ancetor Ivan Van Sertima (1935-2009)
 L’ancêtre Ivan Van Sertima (1935-2009)

Il faudra attendre l’entrée en scène du savant africain-guyanais Ivan Van Sertima et la publication de son livre They came before Colombus : the African presence in ancient America (Ils sont venus avant Colomb : la présence Africaine en Amérique ancienne) en 1975, pour qu’on rende à l’Afrique son rôle dans l’initiation des civilisations de l’Amérique pré-colombienne. Hormis les autres sculptures négroïdes trouvées un peu partout en Amérique, c’est surtout sur les incroyables similitudes entre la civilisation égypto-nubienne et les civilisations de l’Amérique d’avant Christophe Colomb que la démonstration d’Ivan Van Sertima va être la plus éclatante.

La présence égypto-nubienne en Amérique pré-colombienne

Tout d’un coup, il y a 2700 ans, les Amérindiens vont se mettre à construire des pyramides, dont la plus grande, celle de Tehutihuacan a les mêmes bases que la grande pyramide de Gizeh. Ils vont construire des pyramides à degré qu’on ne trouvait plus qu’en Nubie à cette époque. Ces édifices religieux extrêmement complexes que les occidentaux n’arrivent pas à reproduire aujourd’hui malgré leur technologie, les Amérindiens sont subitement parvenus à les ériger.

An African pyramid and an American pyramid
Pyramide africaine et pyramide américaine

Les égyptiens anciens, qui pour construire des murs et mêmes leurs pyramides taillaient des pierres complètement différentes les unes des autres et qui ne s’agençaient que selon un ordre extrêmement précis, vont – à travers les nubiens – passer cette technologie d’une rare complexité aux Amérindiens. Ces derniers vont de toute évidence eux même la rependre sur la célèbre Île de Pâques. Le calendrier  amérindien est fait de 12 mois de 30 jours à la fin desquels s’ajoutent 5 jours dits épagomènes qui sont fériés, comme en Egypte ancienne.

Tout d’un coup les Amérindiens vont promouvoir l’inceste entre frère et sœur des familles royales afin de préserver la pureté du sang et en vertu de la tradition matriarcale africaine qu’on retrouve aussi chez les Amérindiens. On ne trouve l’inceste royal frère-sœur dans l’ancien monde qu’en Egypte et en Nubie. Bien plus récemment dans les empires africains du Mwene Mutapa (Monomotapa) et du Kongo ; ainsi qu’à Hawaii, par diffusion probable depuis l’Amérique. La mommification va se répendre du Mexique vers le Pérou au Sud et les USA au nord. Les Amérindiens vont même mommifier des chiens comme en Egypte.

Les amérindiens vont mommifier leurs cadavres selon une procédure qui répond point par point à la mommification en Egypte antique : le retrait des organes par l’anus et la disposition de ces organes dans 4 jarres aux couleurs précises, orientées vers les 4 points cardinaux. Le mort va être placé dans un sarcophage à la base plate, les bras croisés sur le torse et les doigts écartés, avec un masque funéraire en or comme le faisait les Noirs de la vallée du Nil. Les Amérindiens  vont allonger les têtes des membres de la noblesse, comme chez les filles du pharaon Akhenaton ou les Mangbetu du Congo il y a quelques décennies encore. La couleur violet va servir aux mêmes fins cérémoniales en Afrique et en Amérique.

Voilà donc comment les soudanais porteurs de la civilisation égyptienne, vont initier les Indiens Olmèques du Mexique à la technologie et à la culture africaine. Et c’est cette civilisation olmèque qui va être la première civilisation monumentale d’Amérique, la mère des célèbres civilisations Inca et Maya. Cette présence soudanaise donne aussi un éclairage particulier quant à la race noire des Maya que nous avons discutée ici. Les Maya seraient de toute évidence donc, des descendants d’égypto-soudanais. Pendant la civilisation Aztèque, arriveront d’autres Africains, les Mandingues, il y a 700 ans.

Voilà donc résumé, des similitudes entre l’Amérique et l’Afrique antique, qui ne laissent aucune place à la coïncidence, et affirment sans l’ombre d’un doute de l’impact déterminant de nos ancêtres en Amérique. C’est là un condensé de la longue démonstration – bien plus détaillée sur 35 pages – d’Ivan van Sertima sur le rôle civilisateurs des Noirs en Amérique. Loin d’avoir entrepris une œuvre d’extermination comme le feront les européens plus tard, Kama (l’Afrique) a accompagné les Amérindiens dans les principales étapes de l’éclosion de leur génie. Il convient bien entendu de lire le livre même pour plus de certitudes.

The Mayas (left) had the same elongated heads found in Africa Right, up : Daughter of pharaoh Akhenaton Right, down : a Mangbetu child, DR Congo
Les Mayas (à gauche) avaient les têtes élongées comme en Afrique
A droite, en haut : La fille du pharaon Akhenaton
A droite, en bas : un enfant Mangbetu, RD Congo

Nous ajoutons ci-dessous, pour illustrer notre propos, la première partie de ce documentaire qui montre de manière rigoureuse les similitudes entre l’Egypte antique, les civilisations de l’Amérique ancienne et celle de l’île de Pâques. La complexité de l’architecture y est en particulier étudiée. Il est très dommage que l’auteure finisse par attribuer les civilisations de l’ancien monde à des extra-terrestres. La deuxième partie concernant cette conclusion malheureuse n’est donc d’aucun intérêt.

PS : Si ce sont bien les Africains qui sont à l’origine de la civilisation olmèque, si les liens entre Afrique et Amérique anciennes restent indéniables, nous savons depuis l’écriture de cet article que la civilisation la plus ancienne d’Amérique n’est pas la civilisation olmèque, ni même celle de Caral Supe en Amérique du sud, mais c’est Bimini, une civilisation beaucoup plus vieille dans les Antilles. Nous écrirons bientôt un article sur cette civilisation et son intérêt pour l’Afrique.

PS 2 : L’inceste royal frère-sœur à Hawaï s’explique en réalité par l’origine africaine des premiers habitants d’Hawaï. Nous en avons parlé ici. 

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

Notes :

  • They Came Before Colombus: The African Presence in Ancient America (Ils sont venus avant Colomb : la presence africaine en Amérique ancienne) ; Ivan van Sertima, chapitres 8 et 9.
  • Intervention vidéo d’Ivan van Sertima
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