Le cycle de la vie d’après nos ancêtres

La tradition spirituelle de nos ancêtres (qu’on appelle aussi spiritualité africaine) consiste à s’élever vers la condition divine en affrontant les épreuves du cycle de la vie (ce qu’on appelle communément l’initiation), tout en étant aidés dans ce processus par le créateur (à travers ses manifestations) et les ancêtres.

Quelles sont les phases de ce cycle de la vie selon nos ancêtres ?

Selon la tradition spirituelle de nos ancêtres, le cycle de vie se déroule en quatre grandes phases qui sont :

La Naissance, ou la sortie de l’être humain dans la lumière. C’est la phase ou l’être a pris chair dans le sein de sa mère, sort du ventre de sa mère et entre dans le monde physique.

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Le nouveau-né, sorti dans la lumière

La Mort,  que nos ancêtres de la vallée du Nil appelaient le passage au Ka. En effet pour nos ancêtres, la mort n’est la fin ou la disparition de l’être humain, bref pour nos ancêtres, la mort telle que tout le monde s’imagine n’existe pas en réalité. Pour nos ancêtres la mort est tout simplement passage de cette vie terrestre vers une vie spirituelle, un changement d’état de l’être humain, une transformation de l’être qui passe de cette vie dans le monde physique a une vie dans le monde spirituel (vie qui est en fait la vraie vie).

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Une  Momie de l’époque pharaonique au musée du Louvre à Paris (France)

L’être autrefois physique devient un être spirituel et son énergie physique devient énergie spirituelle. Cela signifie que quand le noir parle des ancêtres, le noir ne parle pas de gens qui sont morts (puisque la mort n’existe pas en réalité pour l’africain). Quand le noir parle donc des ancêtres, ou s’adresse aux ancêtres, il s’adresse à des gens qui sont vivants dans le monde spirituel (voilà pourquoi le noir leur parle). L’africain ne parle pas à des morts !

 

La Résurrection, encore appelée Renaissance. L’être humain âpres avoir traversé le passage qu’on appelle dans le langage courant la mort et âpres avoir subi l’épreuve du jugement divin devant le tribunal d’Osiris, renait, ressuscite dans l’au-delà et gagne les régions divines (que les religions révélées appellent communément paradis), devient un ancêtre bienfaiteur et méritant, un bienheureux, un être de lumière, un être divinisé, puisque son énergie fusionne avec celle du créateur et devient une énergie agissante comme celle du créateur.

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Scène du tribunal divin d’Osiris tirée du livre communément appelé livre des morts. Le personnage traversant la mort est vêtu de blanc. Il est conduit ici par la main devant la balance de la justice (Maat) pour y être jugé selon son cœur, qui sera pesé sur la balance, en présence des témoins (situés en haut) de la vignette. le verdict de la balance est écrit dans le livre de vie par Djehouty (Thot)  à droite sur l’image. C’est de la  que l’occident à plagié  les idées des tribunaux (témoins, jurés, etc..). On voit dans les papyrus les premières représentations de la  balance qui est devenu le célèbre symbole de la justice et des tribunaux dans divers pays du monde aujourd’hui

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Une fois que le jugement s’est bien passé et que le personnage a été jugé pur et digne, le Personnage ayant réussi l’épreuve du jugement est autorisé (comme on le voit sur l’image) à  accéder  a la résurrection et la vie éternelle dans la demeure des ancêtres, dans les régions divines (le paradis dans les religions dites révélées). C’est là où se trouve Osiris.

La Réincarnation, appelée encore la Revitalisation dans la chair. La réincarnation se passe par exemple lors de la naissance d’un enfant. En effet, pour nos ancêtres, toute personne qui nait (donc qui se fait chair et qui prend corps) est une incarnation de l’énergie divine d’un ancêtre bienheureux ayant autrefois vécu sur la terre. L’enfant Horo (Horus) dans la civilisation pharaonique, est par exemple une réincarnation de Ousiré (Osiris). C’est en vertu de cette vision des choses que les noirs peuvent donner par exemple a un enfant le nom d’un de ses ancêtres ou d’un de ses aïeux (ex : donner le nom d’un grand père, etc…).

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La mère et l’enfant, incarnations d’Aissata (Isis) et Horo (Horus)

Ainsi, les noms que nous portons en Afrique sont des noms portés par nos ancêtres autrefois, ancêtres dont nous sommes les incarnations ou les réincarnations. Une personne qui porte le nom de son ancêtre est reliée spirituellement à l’énergie divine de cet ancêtre et est sous le signe de cet ancêtre (Voilà une des raisons pour lesquelles les noirs ne donnent pas les noms au hasard). C’est ce concept que les religions dites révélées ont plagié et déformés lorsqu’elles parlent d’ange gardien par exemple ou lorsqu’en occident, les occidentaux donnent les noms des saints (ancêtres) de leur calendrier (ex : St Jean, Saint Joseph, etc…) à leurs enfants.

Dans  chacune de ces phases du cycle de vie et de l’existence, il y a des étapes et des épreuves. Pour réussir ces épreuves, il faut des rites qui accompagnent l’épreuve, rites permettant à l’individu d’être prêt à traverser toutes ces phases du cycle de vie. C’est l’ensemble de ces rites qu’on appelle des rites de passages ou encore des  initiations. C’est pourquoi il y les rites liées à la naissance, (exemple la circoncision), les rites liées à la mort (ex, enterrement, et autres cérémonies qu’on fait lors de funérailles), les rites liées à la résurrection etc…

 

Hotep !!

 

Par : Lisapo ya Kama ©

 

Sources :

Théophile Obenga , La philosophie africaine de la période pharaonique 2780-330 avant notre ère