L’ADN des anciens Egyptiens ne serait pas africain: FAUX! Démonstration

Vancouver, Canada, 31 Mars 2017. Johannes Krause, généticien en poste à l’institut Max Planck en Allemagne, présente son étude qui montre qu’il y a de fortes affinités génétiques entre les Egyptiens anciens et les anciens habitants du Proche-Orient. La nouvelle ne tarde pas à faire le tour d’internet. Beaucoup se disent qu’il vient de prouver que les anciens égyptiens étaient blancs. Certains annoncent ainsi, joyeux, la mort de l’historiographie africaine basée sur la civilisation nègre d’Egypte comme foyer central. Certains Africains mêmes, opposés à la place que prend l’Egypte dans l’histoire noire, en font les gros titres.  

Voici l’article d’un site internet africain très lu. Le titre est très tendancieux. Il s’accompagne d’une image qui a pour but d’embrouiller le profane. Comme nous l’avons investigué ici en profondeur, les Egyptiens se coloraient les cheveux au Henné comme les Somaliens, d’où la couleur rousse. Par ailleurs le Natron, produit principal de la momification a les mêmes propriétés que les défrisants pour cheveux crépus. Ce ne sont donc pas des Blancs roux à l’image mais des Africains momifiés dont les cheveux ont été traités volontairement et involontairement pendant la momification.
Voici l’article d’un site internet africain très lu. Le titre est très tendancieux. Il s’accompagne d’une image qui a pour but d’embrouiller le profane. Comme nous l’avons investigué ici en profondeur, les Egyptiens se coloraient les cheveux au Henné comme les Somaliens, d’où la couleur rousse. Par ailleurs le Natron, produit principal de la momification a les mêmes propriétés que les défrisants pour cheveux crépus. Ce ne sont donc pas des Blancs roux à l’image mais des Africains momifiés dont les cheveux ont été traités volontairement et involontairement pendant la momification.

Au-delà des polémiques, que dit réellement l’étude de Johannes Krause ?

Nous rappelons la première étude d’envergure sur l’ADN égyptien ancien. Elle a porté sur les pharaons Toutankhamon et Amenhotep III père d’Akhenaton, ainsi que sur les grands parents maternels d’Akhenaton. L’étude a démontré que ce peuple était fortement lié aux Africains du sud du Sahara.

Résultats de DNA Tribes : Indice de compatibilité génétique (ICG) de 326 avec l'Afrique australe, 323 avec les grands Lacs et 83 avec l'Afrique centrale/Afrique de l'Ouest.  Pour comparaison, les Blancs sémitiques, européens ou berbères sont entre 3 et 7.
Résultats de DNA Tribes en 2012 :
Indice de compatibilité génétique de 326 avec les peuples de l’Afrique australe, 323 avec les grands Lacs et 83 avec l’Afrique centrale/Afrique de l’Ouest.
Pour comparaison, les Blancs sémitiques, européens ou berbères sont entre 3 et 7.

Nous nous sommes procuré le résumé de l’étude de l’Institut Max Planck et certaines diapositives de la présentation à Vancouver. Cette étude nouvelle dit donc qu’il y a un bagage génétique commun entre les anciens Egyptiens et les anciens habitants du Proche-Orient surtout (Israël, Jordanie), ainsi qu’avec ceux de l’Iran, de la Turquie et de l’Arménie. Tous ces peuples comparés avec les Egyptiens anciens sont appelés dans les études « Eurasiens originaux ». Or, qui sont les anciens habitants du Proche-Orient testés ? Ce sont les populations du néolithique et de l’âge de Bronze, c’est-à-dire d’il y a 3400 à 14 000 ans. On appelle ces habitants anciens du Proche-Orient les Natoufiens. C’est très certainement eux les ancêtres des Cananéens, des Phéniciens et des Carthaginois.

Que disent les analyses préalables sur les Natoufiens et les autres « Eurasiens originaux » ?

Dans une étude de 2016 par Losif Lazaridis et al, et publié dans le journal Nature, il est dit « Les analyses craniométriques ont suggéré que les Natoufiens ont possiblement migré de l’Afrique du nord ou de l’Afrique subsaharienne ». Ces analyses sur les crânes sont connues depuis des décennies. C’est pourquoi Cheikh Anta Diop était bien plus direct dans Nations Nègres et Culture en 1954 et disait à la page 167 « L’homme trouvé en Canaan, à la préhistoire, le Natouféen, est un négroïde ».

Losif Lazaridis continue et nous dit « Nous déduisons que la population eurasienne originale (c’est-à-dire Proche-Orient, Iran, Turquie, Arménie) a moins de parenté avec le Neandertal que les populations eurasiennes non originales, et possiblement aucune ». Neandertal est un hominidé antérieur, c’est-à-dire une phase de l’évolution entre l’australopithéque et l’Homo sapiens (homme moderne). Il a surtout vécu en Europe. L’étude nous dit donc que les Eurasiens originaux ne sont pas apparentés à Neandertal. Or qui sont les populations sur Terre non apparentées à Neandertal ?

Reconstitution de Neandertal
Reconstitution de Neandertal

Dans un article du journal français Le Monde paru en 2014, il est écrit « On estime que les humains actuels d’origine européenne ou asiatique ont hérité en moyenne de 1 à 3% du génome de leur cousin (Neandertal) (…) les Homo Sapiens d’ascendance africaine n’ont eux, peu ou pas d’ADN de Neandertal ». C’est cela qui a poussé le renommé et célèbre paléontologue français Yves Coppens à dire – nous le citons de mémoire – « Les Africains sont des humains purs, ils n’ont pas d’ADN de Neandertal ». Comme les Africains, les « Eurasiens originaux » n’étaient donc pas apparentés à Neandertal.

Enfin et surtout, le même Johannes Krause, auteur de l’étude qui fait polémique aujourd’hui, nous dit en 2014 dans un article publié sur le site de l’Université de Tuebingen que « Les anciens fermiers du Proche-Orient portent un matériel génétique qui n’est pas celui de la variation non-africaine typique ». Il dit donc, malgré un peu d’acrobatie, que les anciens du Proche-Orient ont un matériel génétique africain.

En résumé les Eurasiens originaux dont les anciens du Proche-Orient font partie, ont des crânes de Noirs et sont génétiquement africains.

Que dit donc en définitive cette étude ?

Elle dit que les Noirs anciens d’Egypte et les Noirs anciens du Proche Orient, de Turquie et d’Iran – eux-mêmes originaires d’Afrique – ont un patrimoine génétique commun. Qui est-ce que ça étonnera ?? Par ailleurs Johannes Krause ne dit pas comme c’est repris que les anciens Egyptiens n’avaient pas ou peu d’ADN subsaharien. Il dit dans le résumé « les anciens égyptiens avaient plus de parenté avec ceux du Proche-Orient que les égyptiens actuels, qui ont reçu du matériel subsaharien additionnel plus récemment ». On ne dit donc à aucun moment ici que les Egyptiens n’étaient pas liés à l’Afrique subsaharienne. Les travaux de DNA Tribes restent pertinents.

Que tirer de cette étude ?

Cette étude n’apporte rien de nouveau quant à l’identité des anciens égyptiens. Ils étaient Noirs comme nous l’avons prouvé 1000 fois. Ils sont les ancêtres directs et indirects des Noirs d’Afrique et des Amériques. Ils le resteront. L’Afrique a gagné ce débat. Ceci dit, cette étude éclaire spectaculairement sur les origines des premiers habitants du Proche-Orient, de Turquie, d’Iran et d’Arménie. Cela confirme nos recherches antérieures où nous avons montré que les premiers habitants de l’Asie étaient noirs. Ça implique beaucoup de choses, notamment sur le site de Gobekli Tepe en Turquie qui est une cité sophistiquée vieille de 9 000 ans. Elle a été bâtie en même temps que le Sphinx en Egypte. Elle est donc l’œuvre des Noirs.

De gauche à droite La puissante reine d'Egypte Tiyi, fille des prêtres Youya et Touya, épouse du pharaon d'Amenhotep III, mère et ministre des affaires étrangères du pharaon Akhenaton, soeur du pharaon Ay, possible grand-mère dz pharaon Toutankhamon; Sculpture conservée au musée du Louvre Au milieu un archer élamite en Iran ancien. Elam était une civilisation noire. Image authentifiée sur le site du Musée du Louvre A droite un Noir en Syrie ancien, image de la collection de l'historien africain-américain Runoko Rashidi
De gauche à droite
La puissante reine d’Egypte Tiyi, fille des prêtres Youya et Touya, épouse du pharaon d’Amenhotep III, mère et ministre des affaires étrangères du pharaon Akhenaton, soeur du pharaon Ay, possible grand-mère du pharaon Toutankhamon; Sculpture conservée au musée du Louvre
Au milieu un archer élamite en Iran ancien. Elam était une civilisation noire. Image authentifiée sur le site du Musée du Louvre
A droite un Noir en Syrie ancienne, image de la collection de l’historien africain-américain Runoko Rashidi

Nous appelons donc tous ceux – non-Africains et Africains – qui se sont réjouis de la mort de l’historiographie africaine à se rétracter. Les Egyptiens n’étaient pas blancs. Nous sommes désolés. L’historiographie africaine sort renforcée de cette étude.

Nous terminons avec ces mots de Cheikh Anta Diop en 1984 à Niamey au Niger « L’Afrique devrait sur des thèmes controversés, être capable d’accéder à la vérité par sa propre investigation intellectuelle et se maintenir à cette vérité, jusqu’à ce que l’humanité sache que l’Afrique ne sera plus frustrée, que les idéologues perdront leur temps, parce qu’ils auront rencontré des intelligences égales qui peuvent leur tenir tête sur le plan de la recherche de la vérité ».

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama ©