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LES 3 ÉTAPES DE LA DOMINATION DES AFRICAINS

« L’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’opprimé » Bantu Steve Biko

  • Première étape : La destruction de l’esprit. C’est l’élément central, qui permet de faire durer la domination. Sans cela, elle finit par tomber tôt ou tard.
  • Deuxième étape : La soumission par la force. Elle peut être aussi l’élément initiateur mais seule elle ne permet pas une domination continue.
  • Troisième étape : La domination économique. C’est le but final mais il ne peut exister que si les deux premières étapes sont correctement appliquées.

L’étape centrale de la domination est la destruction de l’esprit et c’est ce à quoi nous allons nous attaquer.

En quoi consiste la destruction de l’esprit ?

Pour commencer et surtout pour faire durer la domination sur les Africains après les avoir soumis par la guerre, il a fallu leur enlever tout ce qui pouvait les rendre fiers. Seule cette fierté permet de résister durablement à la domination. Ce qui fait la fierté d’un peuple c’est son identité. Si vous détruisez cette identité, vous tuez la fierté et donc l’esprit de résistance.  L’identité d’un peuple comprend son histoire, sa culture, sa religion, ses langues. Les Européens et les Arabes se sont donc attelés à falsifier, salir et détruire ces éléments.

La chose fondamentale que ces deux puissances impérialistes ont faite était de convertir les Africains à leurs religions. Les Africains, avec leur faculté à voir le bien en tout Être humain, n’y ont la plupart du temps vu que du feu. Ainsi, puisque le blanc Jésus est le fils de Dieu, alors Dieu est blanc et tous les Blancs sont des êtres divins. Si l’arabe Mohamed est le prophète, alors Dieu devient inconsciemment arabe et les Arabes sont vus comme peuple divin. En changeant l’image de Dieu – initialement noir dans les mentalités africaines – les Européens et les Arabes s’érigèrent en détenteurs exclusifs de la vérité universelle et divine. Leur autorité apparut dès lors naturelle et indiscutable.

Converti, l’Africain va religieusement croire l’Européen et l’Arabe qui lui disent respectivement que sa couleur est maléfique et que sa culture est satanique. Il va écouter ces étrangers qui lui ont permis d’accéder au « vrai » Dieu lui dire qu’il n’a pas d’histoire, qu’il est un esclave depuis la nuit des temps, que le Dieu de ses ancêtres est diabolique, que ses langues sont des dialectes. Il va les écouter lui dire que c’est eux qui ont fait de lui un Homme, sans eux il n’est rien. Le tour est joué, l’identité est détruite, le complexe d’infériorité et l’esprit inoffensif sont installés, enkystés. L’Africain fait allégeance à l’Orient et à l’Occident, au détriment de l’Afrique. Il va travailler pour les intérêts étrangers.

Il est à ce stade déjà malade. Il souffre d’une maladie de l’esprit, la maladie du colonisé. Une maladie inoculée par l’occupant, qui fait de lui une personne noire dehors et européenne ou arabe dedans. Cette maladie psychiatrique est ce qu’on appelle l’Aliénation. Ayant accepté qu’il est maléfique et inférieur, il doit par conséquent se sauver de sa nature, il doit en sortir à tout prix, il doit se fuir, il doit cesser d’être noir.

« Pour le Noir, il n’y a qu’un destin. Et il est blanc » Frantz Fanon

L’Africain va donc commettre un assassinat culturel. Il va entrer en mode destruction automatique. Ainsi il va prendre un nom arabe ou européen, interdire à ses enfants de parler sa langue. Il va insulter ses propres ancêtres, ces païens et sauvages qui ne connaissaient pas le « vrai » Dieu, qui n’ont rien apporté à l’humanité. Tout doit disparaître. Il va rejeter l’Afrique, se défriser les cheveux, se blanchir la peau, chercher à blanchir sa descendance. Il va  s’inventer des ancêtres européens ou arabes, ou diviniser son 1/10e de sang arabe ou européen. L’occidentalisation, l’arabisation et le métissage deviennent, de l’élite au peuple, les modes de pensée d’une société inconsciemment décidée à se suicider ; qui pense devoir se lester du boulet identitaire africain pour entrer dans la modernité. Tout doit disparaitre.

L’Africain assume dès lors que pour s’échapper de son infériorité, il a besoin de l’Européen et de l’Arabe, il ne peut pas vivre sans eux. A la vue de chaque Blanc, les réflexes de subordination explosent. Il sourit bêtement, bafouille, change d’accent, adopte une gestuelle de soumission. Il va pleurer lorsque la France sera battue en compétition de football, faire de la libération de la Palestine le combat de sa vie. Pour toute chose de mal que l’Européen lui fera, il appellera au pardon, à la réconciliation universelle, au nom de Jésus Christ, les yeux fermés forts et les mains en l’air, en chantant Amazing Grace.

Quand l’Arabe et ses alliés lui prendront ses terres, il se dira que c’est un conflit entre frères. Faible, il voudra discuter. Toutes ses économies collectées, il ira prier à La Mecque pour la paix, enrichissant l’office du tourisme saoudien, sous le regard de l’Arabe qui généralement le méprise. La clairvoyance sur la nature et les intentions de l’ennemi, l’esprit de résistance, sont considérablement annihilés. Alors l’Européen et l’Arabe peuvent passer à la troisième étape qui était le but depuis le début : l’exploitation économique de l’Afrique.  

« Chaque idée, chaque soit-disante religion (qui a été introduite sur ce continent), avait pour but de dominer et de contrôler. Les Arabes ne se font aucune illusion là-dessus. Les Européens ne sont font aucune illusion là-dessus. C’est vous qui vous faites des illusions » John Henrik Clarke

L’impérialisme de ces deux puissances – depuis 1400 ans pour les Arabes et 500 ans pour les Européens – comprend la traite négrière arabe, la traite négrière européenne, le colonialisme européen, le néocolonialisme européen et l’impérialisme arabe. En 500 ans, l’Afrique a perdu 473 à 673 millions de vies humaines, est passée du statut de continent le plus riche à celui de plus pauvre au monde, a complètement oublié que c’est elle qui a civilisé l’humanité et est en perte totale de son identité. Le néocolonialisme européen qui prend les richesses de l’Afrique côtoie l’impérialisme arabe. Après avoir étendu leur influence à toute l’Afrique du nord qui était initialement noire, Les Arabes et leurs alliés ont pris le Sahara occidental, le Soudan, la Mauritanie et bientôt peut-être le nord du Mali. In fine, c’est tout le continent africain qui va – doucement mais surement – basculer sous bannière arabe si rien n’est fait.

L’Afrique, berceau de l’humanité ; la grande Afrique, berceau de la civilisation ; qui a civilisé l’Asie, l’Europe et qui a bâti des civilisations en Amérique ancienne, est en train de disparaître! Kama (l’Afrique), Kama des Pharaons, des Candaces, de Mutota, de Behanzin est en train de perdre. C’est la guerre et nous sommes en train de mourir. Nous sommes en guerre !

La pauvreté et l’insécurité désastreuses de l’Afrique et des Africains exige donc d’adresser chaque ressort sur lequel s’appuie la domination économique. Nous allons pour notre part nous attaquer à ce qu’Ivan Van Sertima appelait le « bombardement nucléaire sur l’esprit de l’Africain ».

« L’impérialisme culturel est la vis de sécurité de l’impérialisme économique, détruire les bases du premier, c’est donc contribuer à la suppression du second » Cheikh Anta Diop

Notre contribution

Dans l’objectif libérateur d’un Etat fédéral africain, Lisapo ya Kama – c’est-à-dire Histoire Africaine en Lingala – se propose de contribuer à guérir le Noir d’Afrique, le Malagasy et l’Africain des Amériques de son aliénation. Nous voulons lui apprendre à s’aimer et à se respecter. Nous voulons refaire de l’Africain un Être entier, normal et capable. Cela à travers les points suivantes :

  • L’armer de vérités historiques et détruire le complexe d’infériorité qui le paralyse
  • L’élever à son rang d’héritier des civilisateurs de l’humanité
  • Refaire de lui un Africain authentique sur les plans culturel, religieux et linguistique
  • Libérer complètement son potentiel enfoui de bâtisseur et de créateur
  • Le doter de l’idéologie de la libération : Panafricanisme & Afrocentricité
  • L’éduquer sur les graves problèmes auxquels est confronté le monde africain
  • Analyser avec lui ces problèmes en les regardant à travers un œil africain
  • Partager et discuter des solutions que nous proposons à ces problèmes

Hotep !                                                                                                             

Par : Lisapo ya Kama